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14 février 2012

Jamais, quoi que je fasse...

A partager avec vous en ce jour de fleuristes et chocolatiers bondés...

"Jamais, quoi que je fasse, je ne serai celui ou celle qui mâche ton pain, boit ton eau, jamais je ne respirerai pour toi. Jamais ta peau ne m'invitera à m'y glisser. Jamais je ne tisserai pour toi les fils de tes rêves ni de tes pensées. Et comme tu étais seul à ta naissance, tu seras seul devant ta mort et seul, mille fois, dans les nuits d'insomnie quand un chien aboie au loin ou quand une voix que tu es seul à entendre t'appelle.
Vouloir me perdre en toi, me jeter en toi, corps et biens, avec tous mes meubles et mes trésors. T'envahir. Te combler. Te faire gardien de mes propriétés . Il n'est pire cruauté.
Car tu as une vocation, unique, une œuvre à mener à bien.
Toi-même.
Et pour cela, il te faut tout l'espace qui est en toi.
Dire : « Aimer c'est délivrer I'autre de mes bonnes intentions - et de moi-même »  paraîtra excessif.
Pourtant c'est en me détachant de toi et en m'ancrant en moi que je commence véritablement d'aimer.
Le cadeau que je peux te faire, c'est de retirer de toi toute la volonté de transformation que j'y ai mise - par zèle ou par ignorance -, la retirer de toi pour la remettre où elle a sa vraie place : en moi.
Ainsi, nous protégerons I 'un et I'autre le secret  lent et silencieux de nos gestations..
Un mot encore.
Garde tes distances sans faiblir. Il n’est que l’Éros qui puisse les abolir - pour les faire renaître tout aussitôt.
Garde tes distances
Non par froideur
Garde-les par ferveur.
Et cela en sachant - ô paradoxe- que l’aimé(e) n’est qu'une autre part de toi-même.
La part qui ne se laisse ni dominer ni annexer, qui jusqu'au bout te tiendra tête. L’énigme qu’est l’Autre recule comme l’horizon à chaque pas que tu fais vers lui.
L'Autre est la frontière que la Vie a dressée devant toi, afin que tu ne sois pas perverti par ta toute-puissance.
Christiane Singer  Eloge du mariage, de l'engagement, et autres folies

5 décembre 2011

Un jour nouveau

Ce matin j'ai compris quelque chose, et j'ai pris une décision.
Celle ne plus laisser envahir aucune relation par la plainte, que ce soit celle de l'autre ou la mienne.

6 septembre 2011

L'homme serpent

Plusieurs mois que j'hésite avec ce portrait-là. 
Parce qu'un frisson me prend à chaque fois.
Le frisson de celui qui est paralysé, se sent comme une proie impuissante.

J'en ai parlé avec d'autres. 
Sans nous concerter, c'est l'image du serpent qui ressort. 
Triste sir ou Kaa (vous voyez les références).
Les abords du pouvoir, le sourire qui n'en est pas un, l'intelligence froide.
Une faiblesse qui peut être cruelle. Peut-être même avec une certaine délectation.
Un malaise avec les femmes que je ne veux pas interpréter. Misogynie, c'est sûr, autre chose de pas clair, peut-être. Je n'aime pas les rumeurs.

Une vraie intelligence, une belle culture, mais je ne sens pas le coeur, ni l'âme affleurer. 
Un ego démesuré, l'incapacité à dire directement les choses, qu'elles soient positives ou négatives.

C'est une énigme pour moi. Comment le désir de pouvoir et la frustration de ne pas avoir ce qu'il a désiré plus que tout peut à ce point manger l'humanité d'une personne. L'ombre règne. Et pourtant il y avait autre chose de possible en lui.

Bref, je n'ai pas confiance. Il n'a pas confiance non plus. Cela s'arrange un peu car il constate les résultats et les alliances conclues après tant de mois de travail acharné et passionné.  Il y a un mais cependant, que je lis dans ses yeux même si les échanges sont courtois et souriants. Hypocrisie que j’exècre, parce qu'elle est pleine de mépris, de jugement.

Je ne suis pas indifférente à son regard sur moi. 
Je crois que c'est ce qui me trouble. 
Comme s'il voyait quelque chose que je ne vois pas, n'identifie pas, un reste de dépendance à l'opinion d'autrui qui a pouvoir de me faire mal, peut-être même de me détruire. Mon ego, encore tellement démesuré.
La dague étincelante dans le gant de velours pourpre. Digne de la cour de Catherine de Médicis. D'ailleurs, la collerette lui irait bien ;-) 

Ce matin, un net soulagement quand il est parti de la réunion que nous animions. 
Le sang est revenu sur les visages, les langues se sont déliées. 
Et pourtant, le contenu de son discours était presque parfait...

L'identifier comme un facteur de progrès personnel. 
Je dois trouver ma force même devant son regard, et elle ne passe pas par le rejet, mais par l'acceptation de cette part de moi que je ne veux pas voir aujourd'hui. L'acceptation totale de celle que je suis.

Edit du 10/09
Depuis ce portrait, l'impression a changé. Débarrassée de ce qui était pesant pour moi dans son regard, je vois cette détermination qu'il exprime auprès de ses proches collaborateurs, et pas aux autres. Cet enfermement dans lequel il est parfois.
Je perçois aussi ce qui est particulier dans mon approche, et qu'il n'a pas. 

Les interactions sont devenues presque confortables, je ne suis plus paralysée.
Encore une fois l'effet d'aller toucher ce qui fait mal à l'intérieur de ce qui fait mal, le retournement qui se produit, alors. 
Au bout du yin, est le yang, et inversement

4 juillet 2011

Recherche : la relation

C'est probablement le sujet phare de l'année, pour moi. J'en ai un peu parlé ici, je travaille quasi en continu sur le concept de sauca. Une notion de "propreté relationnelle" : comment je suis en lien sans que mon espace empiète sur l'espace de l'autre et inversement.

Ces derniers temps, j'ai fait le lien entre le franchissement de cette limite, et une sensation physique qui est de l'ordre de l'excitation, du trouble ( comme le jus de pomme, dit-elle avec tant de justesse). Une espèce d'invasion d'émotion. Assez étonnant à vivre, et un très précieux indicateur au quotidien.
Bien sûr il y a l'autre extrême où le lien est coupé, où l'on sent cette vitre qui nous sépare et où l'on se heurte.

A contrario la relation "juste à la bonne distance" se manifeste par un grand calme intérieur, un énorme espace silencieux de lien où ça circule avec ampleur, avec douceur, dans la joie, d'où je perçois l'autre au-delà des mots. Des moments où la relation se déploie sans attente, sans projection. Juste quelques instants ponctuels et précieux.

Merci Tanakia pour cette rencontre et ce très beau concept d'amae, être en lien, prendre soin sans besoin de mots.