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11 octobre 2011

Chat sauvage

Quelle stratégie avez-vous nous dit-elle ?
Nous nous regardons, un peu interloqués. Car notre seule stratégie est de poser notre volonté de nouer ce partenariat, et d'ouvrir la porte , largement, en confiance totale sur leur envie de le nouer aussi.
Sa stupéfaction dépasse la nôtre. Deux cultures opposées.
Finalement, la réunion sera aussi constructive, voire plus que ce que nous espérions. Convialité et travail acharné, c'est notre credo.

Mon collègue a du mal avec elle. Je lui explique comment je travaille sur moi, avec ces portraits animaux qui m'aident à voir les relations autrement.
A quel animal te fait-elle penser ? A un chat sauvage. 
Je la vois aussitôt, crachant et sifflant, dos arqué au maximum. Oui c'est bien ça . Une colère extrême, intolérante, une envie extrême de contrôle.
Que faire ? L'apprivoiser? Cela prendra du temps. Peut-être n'est-ce pas vraiment possible...
En attendant, protéger nos yeux de ses griffes.

1 octobre 2011

L'Ogre

Pas d'animal cette fois. Ni d'autre élément naturel. 
C'est l'Ogre qui est venu, celui qui terrifie, déchiquette, se repait de la souffrance d'autrui.


Je ne sais pourquoi il n'a pas pouvoir de me faire du mal. Peut-être parce qu'il ressemble à ces caricatures d'enfants capricieux et méchants qui trépignent dans les mauvais dessins animés en déclenchant des catastrophes nucléaires.

Mais il ne s'agit pas d'un dessin animé.

Côté clair, il est brillant, bosseur, prêt à collaborer à tous les projets, a un discours cohérent et intéressant , direct.
Côté sombre, il tire à boulets rouges dans chacun de ses messages. Il est capable de dire que quand quelque chose ne marche pas, il s'acharne.
Ça je l'ai constaté.

Pour le reste, je ne le sais que par oui-dire.
Il est capable d'insulter ceux qu'il croise en l'absence de témoins.
D'écraser les individus de son équipe, surtout ceux qui ne cèdent pas. 
De les dresser les uns contre les autres jusqu'à ce qu'ils s'entre-déchirent.
D'user de son pouvoir pour qu'aucun recours ne soit possible.

Avec moi il est presque charmant.
Il est probable qu'il cherche à me manipuler.
Peut-être aussi parce que je ne l'ai pas jugé, jusque-là. Pas trop.
Il se trouve que je l'ai probablement préservé. Ce n'était pas le but visé. Mais le seul moyen de trouver une issue à la situation inextricable du moment.

J'apprends les détails jour après jour. Je reste sans voix.
J'ai alerté par la seule voie qui me semble efficace, les autres ayant échoué. Un allié fiable, discret, bien placé. Grâce à lui, cela se sait. Quelques énormes bêtises de casting ont été évitées,  mais pour l'instant il reste là-bas, et continue les dégâts.
Je crains la suite.

J'ai alerté à nouveau vendredi. Vais insister encore et encore. 
Une idée d'allié complémentaire est venue en écrivant. Il m'a toujours aidé, mais je n'ai jamais essayé pour ce type de sujets.
Mon but est qu'il ne nuise plus. Je rêverais qu'il puisse changer, apprendre à ne plus nuire. Je ne sais si c'est possible. 


Peut-être pensez-vous que j'ai tort de ne pas l'attaquer frontalement. 
Que c'est de la couardise. 
Peut-être. 
Ou peut-être la connaissance intime du système dans lequel il est, de ses limites et de son hypocrisie, et de tout ce qui a déjà été tenté sans succès à bien des niveaux...

Probable que ce billet ne restera pas en ligne bien longtemps.

6 septembre 2011

L'homme serpent

Plusieurs mois que j'hésite avec ce portrait-là. 
Parce qu'un frisson me prend à chaque fois.
Le frisson de celui qui est paralysé, se sent comme une proie impuissante.

J'en ai parlé avec d'autres. 
Sans nous concerter, c'est l'image du serpent qui ressort. 
Triste sir ou Kaa (vous voyez les références).
Les abords du pouvoir, le sourire qui n'en est pas un, l'intelligence froide.
Une faiblesse qui peut être cruelle. Peut-être même avec une certaine délectation.
Un malaise avec les femmes que je ne veux pas interpréter. Misogynie, c'est sûr, autre chose de pas clair, peut-être. Je n'aime pas les rumeurs.

Une vraie intelligence, une belle culture, mais je ne sens pas le coeur, ni l'âme affleurer. 
Un ego démesuré, l'incapacité à dire directement les choses, qu'elles soient positives ou négatives.

C'est une énigme pour moi. Comment le désir de pouvoir et la frustration de ne pas avoir ce qu'il a désiré plus que tout peut à ce point manger l'humanité d'une personne. L'ombre règne. Et pourtant il y avait autre chose de possible en lui.

Bref, je n'ai pas confiance. Il n'a pas confiance non plus. Cela s'arrange un peu car il constate les résultats et les alliances conclues après tant de mois de travail acharné et passionné.  Il y a un mais cependant, que je lis dans ses yeux même si les échanges sont courtois et souriants. Hypocrisie que j’exècre, parce qu'elle est pleine de mépris, de jugement.

Je ne suis pas indifférente à son regard sur moi. 
Je crois que c'est ce qui me trouble. 
Comme s'il voyait quelque chose que je ne vois pas, n'identifie pas, un reste de dépendance à l'opinion d'autrui qui a pouvoir de me faire mal, peut-être même de me détruire. Mon ego, encore tellement démesuré.
La dague étincelante dans le gant de velours pourpre. Digne de la cour de Catherine de Médicis. D'ailleurs, la collerette lui irait bien ;-) 

Ce matin, un net soulagement quand il est parti de la réunion que nous animions. 
Le sang est revenu sur les visages, les langues se sont déliées. 
Et pourtant, le contenu de son discours était presque parfait...

L'identifier comme un facteur de progrès personnel. 
Je dois trouver ma force même devant son regard, et elle ne passe pas par le rejet, mais par l'acceptation de cette part de moi que je ne veux pas voir aujourd'hui. L'acceptation totale de celle que je suis.

Edit du 10/09
Depuis ce portrait, l'impression a changé. Débarrassée de ce qui était pesant pour moi dans son regard, je vois cette détermination qu'il exprime auprès de ses proches collaborateurs, et pas aux autres. Cet enfermement dans lequel il est parfois.
Je perçois aussi ce qui est particulier dans mon approche, et qu'il n'a pas. 

Les interactions sont devenues presque confortables, je ne suis plus paralysée.
Encore une fois l'effet d'aller toucher ce qui fait mal à l'intérieur de ce qui fait mal, le retournement qui se produit, alors. 
Au bout du yin, est le yang, et inversement

10 juin 2011

L'homme d'eau claire

Dans la suite des portraits de la femme pintade et de la femme épagneul.

Sa source était amère et presque tarie quand je l'ai rencontré. J'y croyais pourtant, parce que j'ai vécu et vu tant de renaissances, et puis, nul ne sait jamais, alors il faut tenter. 

Nous avons laissé le temps s'arrêter, même quand il ne s'y prêtait pas, nous sommes assis au bord  et avons devisé doucement, dans la confiance de ce qui était là, sans observer vraiment, juste en nous laissant flotter sur la brise. 

Le murmure continu des voix, charme ténu, mais un des plus puissants, quand il est sincère.

Je ne sais à quel moment nous avons tourné la tête. Mais l'eau était revenue. Presque cachée par les cailloux et les  brindilles, encore saumâtre, mais bien présente.

Nous avons continué, l'espoir au coeur.


L'eau coule à nouveau, de plus en plus joyeuse, même si des nuages l'obscurcissent par moment, même si des sanglots la voilent parfois. 
Les oiseaux et les petits rongeurs viennent s'y abreuver, maintenant.


Il m'émeut, l'homme d'eau claire. 
J'aimerais qu'il trouve sa force, pour se protéger aujourd'hui et demain, sans y perdre sa clarté. 

28 septembre 2010

La femme-épagneul

Je continue ma petite série des portraits-pour-rire-et-me-faire-du-bien.
Que ce soit clair, il ne s'agit que de jouer avec des relations qui grincent, du fait de mes représentations, pour les huiler !
Exposer mes jugements et a-priori, pour qu'ils se délitent au vent.

Une fois ces précautions prises (et elles sont d'importance !), je vais vous parler de la femme-épagneul.


Je l'aime bien, parce qu'elle est plutôt gentille.
Je l'apprécie, car elle est intelligente, s'intéresse "au fond" des dossiers.
Et en même temps, elle m'agace avec ses "ma pauvre " en permanence, et ses critiques acerbes sur tout le monde.
J'ai l'impression d'avoir 6 ans quand elle me regarde.

Elle se plaint, oui, elle se plaint.
Je la plains de se plaindre autant.
Et pourtant, même si elle en souffre au point de perdre le sourire, elle n'est pas prête à en sortir.

Mordiller, oui, faire "la belle", juste après, et japper.
Secouer les oreilles tristement en regardant de ses grands yeux quand elle prend un coup de pied de plus.
En espérant toujours une caresse du maître qui s'en fout .
Mais pas lâcher la laisse.


Je lui souhaite de découvrir que cette laisse n'existe pas.
Et en attendant, je n'ai pas l'intention de m'y attacher !
Ni de m'épuiser à essayer de la convaincre comme je l'ai tenté ces derniers mois!

"Chacun sa route
Chacun son chemin
Passe le message a ton voisin", comme dit Tonton David.

7 septembre 2010

La femme-pintade

C'est une femme qui a le don à la fois de me mettre en colère contre elle et contre moi. Je sors des entrevues avec elle si épuisée que j'en jetterais mon tablier .

Tout à l'heure, je crois que j'ai compris ce qui me dérange. Ce ne sont pas tant ses critiques qui sont judicieuses sur le fond et la forme ( elle a un œil de lynx et débusque toutes les imprécisions) que la manière dont elle s'y prend.

1ère phase : Elle commence par un compliment mielleux ( un peu trop pour être sincère mais la première fois on s'y laisse prendre).

2ème phase : La salve de reproches démarre. D'abord de façon mesurée. "Peut-être est-ce délibéré mais" " Peut-être n'ai-je rien compris mais" etc.

3ème phase : Le rythme s'accélère, la voix, déjà incisive, se perche de plus en plus, la mégère prend de l'ampleur, elle s'envolerait presque. Elle ne s'arrête que parce qu'une nouvelle réunion démarre, tant l'euphorie la prend de voir son adversaire KO.

J'ai sincèrement du mal à en rire. Certainement parce qu'elle touche en moi cette culpabilité face au travail imparfait...

La prochaine fois, je tâcherai de la voir enfler. Ou alors se transformer en pintade ?
Ou alors imaginer mon travail comme un gruyère où les bulles ne rendent le fromage que meilleur ?

"Prendre du recul face à ce qui n'est pas juste" disent les yogasutra ;-) C'est un long chemin, pfuuuit