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16 août 2011

Face à la mer, face à la souffrance et la mort

Mes lectures de vacances n'ont rien eu de folichon cette année. 

Au menu, entre autres : 

- un témoignage sur la souffrance au travail, "ils ont failli me tuer" par Vincent Talouit et Bernard Nicolas. Un extrait ici d'une interview en vidéo.
Ce qui motive mon travail acharné du moment.

- "Dans les sables mouvants, une histoire de violence conjugale". Comment une jeune femme intelligente se trouve prise dans une histoire avec un homme, sous emprise de sa violence psychologique, physique. Incroyable et pourtant je connais tant d'exemples autour de moi de femmes pleines de qualité et qui sont piégées.

- "La vie sauve" , magnifique livre de Lydie Violet et Marie Desplechin sur l'annonce et la vie avec un cancer incurable. 
Besoin de revenir sur ces derniers mois. Les moments où il est possible d'être là, les moments où le peur reprend à la gorge.









- "D'autres vies que la mienne" d'Emmanuel Carrère, ou comment la confrontation à la mort nous mène à notre humanité.


Je ne crois pas que ce soit morbide. J'éprouve le besoin de partager avec d'autres humains ces sujets graves, ceux qu'on aborde peu au quotidien, ceux qui sont tabous parfois. 

Pour moi d'abord. Faire face à mes peurs et à mon impuissance pour être avec ceux que j'aime aussi dans ces moments-là, ne pas regarder à côté ou dire "demain je l’appellerai". Parce que le temps tourne et que je ne sais ce que demain me réserve.

Pour ceux que j'accompagne. Aller voir avec eux ce qui leur fait peur, sans édulcorer mes questions ou vouloir rassurer.

Pour prendre en main les situations sans tabous et qu'elles cessent là où je suis mandatée pour le faire ou le faire faire, sans relâche, par tous les moyens en ma possession.



C'était bon d'être face à la mer, comme un rappel de ce mouvement éternel , très doux, de la vie et de la mort.

13 novembre 2010

Le fond, le vent.

Me laisser couler jusqu'au fond de l'ombre, tant habité, et tant fui.
Et là, dans la douceur visqueuse et glauque de la plainte, essayer d'ouvrir les yeux.
Pas trop vite, pas trop longtemps d'abord.
Y trouver les mêmes choses connues, tellement connues.
Bon, et puis ?

Et puis revenir au présent, retrouver les choses simples qui ont du sens au quotidien,
Bouger, respirer, manger, donner, recevoir, aimer, dormir.

Sentir le vent d'automne tourner autour. Celui-là même qui fait tomber les feuilles mortes, quand elles sont prêtes.