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30 décembre 2011

2011

2011, une année de surprises.
Rien de changé, et du changement pourtant. De ceux qui ne font pas de bruit. 

Continuer sur ma voie professionnelle, de plus belle, dans ses trois manifestations, de l'individuel au très collectif. M'offrir de rencontrer ceux dont je rejoins la tribu, petit à petit.
Passer la quarantaine comme un cap de bonne espérance. Tempête et renouveau.
Tenter de lâcher du lest.
Espérer et désespérer, parfois aussi, mais ne pas rester à terre.
En rire parfois, et parfois pleurer amèrement.
Apprendre et oublier.

La relation, comme trame de recherche. Ouverture, espace libre, partage.
Confiance, absence de peur de l'autre, acceptation de l'altérité.
De si belles rencontres cette année. Dans le réel et ici, qui n'est pas un espace si virtuel...Parfois les deux :-)
Et pourtant tant à changer encore pour que chacune de mes relations soit vivante.

L'amour, l'amitié, la mort.
Le goût de la joie, même au cœur de la souffrance, comme une liberté entrevue.


Parfois en sortir, parfois m'y accrocher plus encore.
Montagnes russes.
Je ne peux dire que ma bonne résolution ait vu un quelconque progrès, sauf peut-être celui de ne plus nier le problème.


Et 2012 ? Continuer à apprendre à vivre, à agir certes, mais à vouloir moins, à laisser faire, laisser être.
Et pour cela, me laisser le temps du silence, celui qui ensemence la vie.

Et vous ?

13 décembre 2011

La tempête dehors. Dedans insomnie, mais c'est calme. Besoin d'un temps de décantation. 

Si je prends du recul, j'ai le sentiment de me laisser emporter ces derniers jours sans grand discernement. Or, je pense qu'il faut jouer des deux aspects. Être solidement ancrée et bouger au rythme du vent. 

Retrouver l'essence de ce qui me porte pour m'y référer au sein même de l'adaptation permanente.
Prendre soin de mes besoins.
Et depuis cette présence, ancrer ma relation au monde.

26 novembre 2011

Sortir du feu

billet complété et revu

Juste poser une expérience personnelle pour en retirer des fruits pour la suite de mon chemin.

Il y a quelques mois j'ai traversé une période de "surchauffe". 4 heures de sommeil par nuit, le reste à travailler dans l'intensité, et avec le souci permanent de viveka, le discernement. Pour de très bonnes raisons, certes, mais...
Après plusieurs mois de recul, et retrouvant pied ( c'est effectivement plus long à 40 qu'à 20 ans !), je reviens sur ce que j'ai vécu dans cet oubli du corps.

J'ai évoqué un peu ici, la joie quasi extatique de cette période, et en même temps cet état de fatigue auquel je faisais très attention, connaissant ses dangers. J'étais comme dans une ivresse permanente. Portée par la joie, portée par le lien aux autres, une acuité plus aiguë de chaque détail des relations, comme une sensation plus développée des liens. Le cœur, et la volonté, comme supports.

Cette période m'a beaucoup apporté. Par ce que j'ai vécu dans ma chair, par ce qu s'y est produit, par l'intense remise en question, le nettoyage, qu'elle a occasionnés. Des obstacles intérieurs, construits par mes expériences, ou transmis (ce que les yoga sutra appelle les vasana, ces traces qui nous imprègnent sans même que nous puissions en être conscients, et donnent leur teinte, leur parfum, à notre vécu), ont été littéralement consumés, évacués. Parfois dans une douleur aussi puissante que celle d'un accouchement. Au prix d'insomnies, souvent. Parfois comme une bulle de savon qui éclate.

Ce n'est pas un état que je recherche. Trop extrême. Inadapté dans cette période de ma vie, où je cherche l'ancrage. Je n'y trouve pas la paix à laquelle j'aspire, et que je vois plutôt comme un arbre bien planté, dont chaque feuille savourerait les effluves du vent, les caresses de la lumière, la douceur de la brume.

Je ne cherche pas la mort. Elle viendra à son heure. Je veux jouir de la vie, de sa douceur, de sa beauté.

En écho, ce merveilleux dialogue des Ailes du Désir, de Wim Wenders, un de ces films qui ont changé ma vie.

27 février 2011

Ce matin-là


Non, le soleil n’était pas éteint. Ce ne serait pas cette fois-ci.
Le cocon autrefois douillet se faisait trop serré pour nos ailes déployées. 
Temps  de bâtir un nouveau nid … 
Si difficile de changer les habitudes. Probablement plus que de renoncer. 
Et pourtant.

La foi  et le courage de traverser le feu.

23 janvier 2011

Faire face

Le silence, comme miroir.
La question de ce qui est prêt, et de ce qui ne l'est pas.

La réponse, immédiate.
Le coeur : prêt.
Le mental grimace et fronce le sourcil, peur de perdre son pouvoir, comment contrôler encore si la place est laissé à autre chose?
Et le ventre ? pas trop enthousiaste même si pas hostile. Pas un refus, mais une peur diffuse de ce qu'il faudra lâcher dans ce voyage intérieur.


Œuvrer en s'appuyant sur la confiance en ce qui porte, sur le courage de changer ce qui doit l'être, et la mémoire de ce qui a déjà été traversé.


La respiration qui a du mal à s'ouvrir, et une tristesse diffuse qui envahit la place, une tristesse sous-jacente qui n'ose pas prendre sa place d'habitude.


C'est bon de faire face, même si ce n'est pas confortable, car partir de là où l'on est vraiment, c'est bien la seule manière d'avancer...

3 novembre 2010

En ces temps de fantômes

Il y a depuis le rêve de cette nuit une chose qui me colle aux basques.Une chose molle, sans réalité tangible, et pourtant capable de m'engluer méchamment.

Que fait-on aux fantômes de cet acabit ?

Et bien d'abord, on les regarde droit dans les yeux. On essaie de voir depuis quand ils sont à nos trousses, retroussant leurs babines dans un rictus goguenard,en guettant le faux pas pour vous sauter dessus de tous leurs os cliquetants.

C'est alors qu'on s'aperçoit qu'ils ne nous appartiennent pas totalement. Que quelqu'un vous les a refilés dans les pattes quand vous étiez toute jeune, que ce sont les fantômes d'une autre , qui elle-même les a peut-être récupérés d'une ancêtre, ad infinitum.

Que faire alors de cette souffrance sinon l'accueillir avec tendresse.

C'est alors qu'elle apparaît. Une adolescente toute frêle dans son corps de femme trop grand pour elle. Elle cherche un amant, et un père pourtant. Quelqu'un de doux, et de tendre sous l'humour. Quelqu'un dont elle n'aurait pas peur, dont elle pourrait partager les valeurs. Qui la regarderait, elle qui est femme devenue, prête à la voir grande comme elle le sera bientôt, et à la respecter dans sa future sagesse.

Bon, c'est donc ça, toute une lignée de femmes qui cherche sa féminité dans le miroir des yeux des hommes, et ne craint rien de plus à la fois.
Rien que ça ;-)

Et il y a la réalité. Une jeune fille effrayée devenue femme, et qui aime ça.

Les ténèbres s'écartent, emportant dans leur sillage les fantômes rassérénés.

"je n'ai pas peur de moi"dit Hippolène...
et le monstre se ratatine comme une vielle salade moisie ...

31 octobre 2010

Tangram


La posture, pour moi, se présente en premier lieu comme un casse-tête chinois de mon enfance, le tangram.

Quelques pièces lisses et noires, chacune de forme différente, qui permettent à construire une foultitude de figures différentes. Rien que de très facile en apparence, très difficile en pratique.


Donc, la posture, c’est d’abord une recherche. Celle de la détermination à approcher de la forme, avec mon corps tel qu’il est aujourd’hui. Conscience de chaque partie déjà connue, essai de précision. Sortir du connu pour trouver une autre manière d’assembler l’ensemble. J’ai parfois l’impression que la mise en place d’un élément ébranle tout le reste, le « met en danger ».


Et puis il y a un moment où il faut lâcher le combat de la recherche de perfection pour écouter ce qui se passe, en souriant. Écouter là où ça passe, et là où ça ne passe pas. Ajuster à partir de ce qu’on ressent, et qui sera propre au moment, pour trouver du confort.


Puis accepter à un moment de lâcher la machine à comparer, pour juste ressentir. C’est alors que, parfois, au détour de la posture, naît parfois une nouvelle sensation, un morceau du corps qui se révèle, devient sensible, plus vivant.

Quelque chose d’inconnu, de neuf, de beau et de dérangeant à la fois.

Et ça tombe bien, des postures, il y en a des milliers ;-)


7 septembre 2010

La femme-pintade

C'est une femme qui a le don à la fois de me mettre en colère contre elle et contre moi. Je sors des entrevues avec elle si épuisée que j'en jetterais mon tablier .

Tout à l'heure, je crois que j'ai compris ce qui me dérange. Ce ne sont pas tant ses critiques qui sont judicieuses sur le fond et la forme ( elle a un œil de lynx et débusque toutes les imprécisions) que la manière dont elle s'y prend.

1ère phase : Elle commence par un compliment mielleux ( un peu trop pour être sincère mais la première fois on s'y laisse prendre).

2ème phase : La salve de reproches démarre. D'abord de façon mesurée. "Peut-être est-ce délibéré mais" " Peut-être n'ai-je rien compris mais" etc.

3ème phase : Le rythme s'accélère, la voix, déjà incisive, se perche de plus en plus, la mégère prend de l'ampleur, elle s'envolerait presque. Elle ne s'arrête que parce qu'une nouvelle réunion démarre, tant l'euphorie la prend de voir son adversaire KO.

J'ai sincèrement du mal à en rire. Certainement parce qu'elle touche en moi cette culpabilité face au travail imparfait...

La prochaine fois, je tâcherai de la voir enfler. Ou alors se transformer en pintade ?
Ou alors imaginer mon travail comme un gruyère où les bulles ne rendent le fromage que meilleur ?

"Prendre du recul face à ce qui n'est pas juste" disent les yogasutra ;-) C'est un long chemin, pfuuuit

4 août 2010

Autrement

Comme c'est difficile...
...de persévérer au milieu du gué plutôt que chercher autre chose
...de ne pas chercher ailleurs ce qui ne peut être qu'intérieur
...de ne pas remplir le vide qui s'installe, mais de le contempler
...de ne pas ressasser, rêvasser, peurs et rêves stériles
...de jouir de la vie, là.

Faire autrement, c'est une chose, mais être autrement ...

Observer, accepter, ce premier pas.

18 mai 2010

Eclater les coquilles

Éclater les coquilles surannées, pour trouver de nouveau un espace de tous les possibles.

Au cœur la certitude que je ne sais pas, n'ai pas ,ne suis pas autre que ce qui se passe là, vraiment là.

Éprouver la peur des grands fonds et des hauteurs, et en rire, car pourquoi pleurer ce qui est, plutôt que le vivre pleinement, et faire ce qui est juste, ce que je sais faire, ce qui me comble de joie.

Chaque matin décider de passer la meilleure des journées, et voir s'accomplir ce petit miracle d'échapper au tournis ridicule et ressassant.

Recommencer demain, et toujours.

Jusqu'à ce que le pli soit pris de ne pas en prendre, autant que faire se peut.

Petite prière du soir

15 mai 2010

Ploc

Petit ploc discret du verrou qui saute.
Comment ? Que de petites choses insignifiantes. Immenses à la fois.
Du don, de la fluidité, de l'amour.

Le soleil est là à nouveau, la langueur de la lune, la nuit. Un demain est possible à nouveau.

La chaîne* de ma vie, durement éprouvée ces derniers mois, semble retrouver de la solidité.


* Trouvé ici :
"Un tissu est formé du croisement de deux ensembles de fils : la chaîne et la trame.
Les fils de chaîne sont tendus sur le métier à tisser.
Avec la (ou les) navette, on fait passer le fil de trame alternativement au-dessus et au-dessous des fils de chaîne.

Les bordures du tissu (là où la navette fait demi-tour) constituent les lisières.
Les fils de chaîne sont parallèles à la lisière.
Les fils de trame sont perpendiculaires à la lisière.
Dans la plupart des tissus sans élasthane, le tissu est très légèrement élastique dans le sens de la trame. Il ne l'est pas du tout dans le sens de la chaîne."

3 mai 2010

La sagesse d'Hippolène


Depuis trois soirs, nous lisons L'arbre sans fin, de Claude Ponti, à deux voix.
Une voix de petit bout qui apprend à lire, et une voix de maman tout émerveillée d'entrelacer la sienne à celle de son petit qui grandit.
Et ce soir, la sagesse d'Hippolène comme un baume sur ce qui pleure en moi ces derniers jours.

L'histoire des faux miroirs d'abord. Ceux qui vous mènent vers le néant comme certaines relations stériles.

Et puis, surtout le combat final avec le monstre, qui n'est même pas un combat, pfuiiiit.

"Mais Ortic est encore là. Prêt à mordre, caché au même endroit.
Il bondit sur Hippolène qui est devenue très brave.
Je n'ai pas peur de toi ! hurle Ortic.
Moi non plus, je n'ai pas peur de moi ! répond Hippolène.
Ça tue aussitôt le monstre, qui se met à pourrir sur pied comme une vieille salade moisie."

Oui, rien que ça. Ne plus avoir peur de moi. Tout un programme.

ps : en prime, avec les illustrations



24 avril 2010

Les enseignements de la semaine

Rien que des évidences, et pourtant...

Dans le chapitre des ressources :
- Une sieste au soleil peut suffire à recharger mes batteries épuisées.
- La beauté, le silence me nourrissent.
- L'activité physique est un excellent remède pour moi contre les idées en boucles.
- Donner c'est recevoir et inversement.

Et dans les points de progrès :
- Accompagner quelqu'un sans mandat clair est source de confusion pour moi.
- Manger dans une atmosphère conflictuelle m'est une vraie souffrance.
- Il me faut apprendre à me taire, encore et encore.

7 avril 2010

Oiseaux en cage

"Nous ressemblons parfois à ces oiseaux qui, ayant longtemps vécu en cage, retournent à celle-ci alors même qu’ils ont la possibilité de s’envoler dans l’espace.

Nous sommes habitués depuis si longtemps à nos imperfections, que nous avons du mal à imaginer ce que serait la vie sans elles : le ciel du changement nous donne le vertige. "
Mathieu Ricard