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28 janvier 2012

Cadeau

A l'heure où je ploie par moments comme une feuille trop chargée de pluie, attendant le prochain coup de vent ou un supplément de pluie encore pour décharger son fardeau, la bienveillance de ceux qui m'entourent me touche au cœur. Bien sûr les partages, quel que soit le sujet d'ailleurs. Mais avant tout une certaine qualité de présence centrée, ancrée, espérante. Une qualité d'être qui permet d'être reliés au-delà des mots et des différences.

Jeudi soir, moment de convivialité "prescrite", dans un endroit à la mode. Beauté froide du snobisme strass et paillettes. Vue splendide, menu clinquant, un certain manque de coeur dans la cuisine, un accueil indifférent.
Moment de fatigue extrême et de dénuement intérieur, où faire semblant m'aurait coûté. 
Je me suis installée au bout de la table avec eux trois. Trois énergies fort différentes, et pas une trace de mensonge. A l'extérieur, nous avons bien fait la fête, parlé, ri, mangé, bu. A l'intérieur, nous étions ensemble, au calme. J'étais bien. 
Avoir pu m'entourer ainsi est un cadeau de chaque instant.

2 septembre 2011

La rencontre

Finalement, le silence n'aura pas été long. 
Utile pour tester en vrai mes bonnes résolutions toutes simples, voir si certaines m'aident vraiment, et lesquelles.

Cette nuit, j'ai compris ce qui me fait mal parfois. 
Ce sentiment de côtoyer tant de gens sans qu'il y ait rencontre. 
Dans l'urgence du produire, montrer, valoriser. 
Cette inhumanité quotidienne m'épuise.

Pourtant, j'ai conscience d'être assez privilégiée :
je me nourris de chaque instant qui le permet, 
je le suscite chaque fois que possible, 
je le pratique dans tous mes métiers, 
je les écris parfois ici, 
je prends des temps pour me rencontrer, et ce qui me dépasse avec,
mais ce n'est pas encore assez.

A décanter encore, très certainement


Un extrait qu'Alain Badiou, philosophe, avait donné à Télérama l'année dernière sur la rencontre amoureuse, et il en est de bien d'autres sortes ( l'interview complète est )

"Qu'est-ce qu'une rencontre ?
C'est un élément contingent, hasardeux, dans l'existence. Quelque chose vous arrive que rien dans les repères que vous aviez dans le monde ne rendait nécessaire ou probable. Vous rencontrez quelqu'un que vous ne connaissiez pas et qui cependant vous frappe, vous attire, entre dans votre vie...
Dans Eloge de l'amour, vous dites, en substance, qu'il n'y a pas de rencontre sans risque...
Une rencontre véritable assume toujours l'idée d'être le début d'une possible aventure. On ne peut réclamer un contrat d'assurance avec celui qui a été rencontré. Puisque la rencontre est un élément incalculable, si on tente de réduire cette insécurité, on supprime la rencontre elle-même, c'est-à-dire l'acceptation que quelqu'un entre dans votre vie, et quelqu'un au complet. C'est justement ce qui distingue la rencontre du libertinage.
La rencontre, dites-vous aussi, suppose une construction.
Je dis ça des suites de la rencontre. Il faut bien qu'elle donne lieu à inventions, conséquences partagées. Et cette construction ne peut être laissée au pur hasard, parce qu'elle se compose de toute une série de décisions.
Mais dès les prémices, la rencontre n'est pas pour vous une expérience...
L'improbabilité la distingue d'une expérience ordinaire. Lorsque la rencontre vous arrive, que vous avez très fort le sentiment que ça vous arrive, il y a un phénomène d'attirance ou de répulsion – parfois les deux se mêlent – pour ce qui vient perturber le rythme de votre existence. L'expérience, elle, peut parfaitement s'intégrer dans les activités professionnelles ou familiales, tandis que la rencontre est un commencement. Mais le commencement de quoi ? C'est là qu'on entre dans l'acceptation. Accepter ou refuser ce qui vous arrive. Pour prendre l'exemple de la rencontre amoureuse, tout le problème est de savoir si on va la déclarer. On parle de déclaration d'amour. Il faut que la rencontre ait été déclarée, c'est-à-dire acceptée.
C'est la condition pour qu'elle existe vraiment ?
Oui. Une personne s'est trouvée là en même temps que vous, vous avez échangé des regards, quelque chose s'est passé. Mais tant que ça n'a pas été prononcé, déclaré, scellé, la rencontre reste suspendue."

27 août 2011

Marcher avec

J'ai eu deux fois cette semaine l'occasion de faire découvrir Paris à des amis de passage. Pas de musée ni de lieu à la mode. Un Paris vécu, vivant. 
Une bonne paire de chaussures, un lieu de rendez-vous, choisi par le visiteur entre plusieurs propositions, quelques instants pour évoquer une piste et hop, c'est parti. 
Marcher, ouvrir les yeux, suivre l'intuition du moment. A l'affut des détails. Prête à adapter le rythme, la destination, les étapes.
Partager tout ce que la marche suscite. De léger, de drôle, de souvenirs, et d'émotions.
Noter les surprises pour aller farfouiller après, en savoir plus.

Mardi il faisait doux dans le soir d'été. Une marche dynamique dans un Paris presque déserté, au rythme des souvenirs égrainés de ces lieux et d'autres. La Chine, l'Observatoire, le Val de Grâce, le Paris de Sartre et de Beauvoir, des peintres de Montparnasse.

Aujourd'hui une marche plus lente, rythmée par la course sous les averses rieuses, et de toutes petites escales curieuses. Le Laos, les grafs, le passage du pont aux Biches (n'est pas charmant ?), l'Inde, le canal d'un vert vif sous les trombes d'eau, le chlok chlok des chaussures trempées, le shopping impromptu, Paris scintillant depuis le parc de Belleville.

Bonne fatigue, et cœur en fête. Prête pour la prochaine vadrouille. Samedi ?



26 août 2011

Début

Début d'amitié.
L'émotion comme indice de ce qui se passe ici, maintenant.
Ce qui est touché, et qui vibre dans les tripes. La chaude profondeur de la contrebasse.

Intensité et lenteur de l'instant partagé qui se grave. 
Souffle retenu devant ce paquet qui s'ouvre sur des surprises inconnues. 
Souffle coupé devant tant de beauté.
Les joues qui chauffent. Les regards qui pétillent.
Les mots et sujets qui se bousculent. Parfois le silence.

Ces instants, d'autres instants, qui viennent se tisser au long écheveau de soie et de lin. Ajouter leur couleur, leurs points particuliers.

Parfois la peur du trop, de la confusion, de l'attachement. D'une fin.

Laisser le soleil, le vent, la pluie jouer leurs tours et détours.
Les couleurs passeront peut-être, certains brins s'effilocheront, certainement.

Et puis, la vie est si courte. 
Seuls les instants partagés sont éternels.

11 août 2011

Reprise(s)

Après 3 semaines sous le signe de l'amitié, de la famille et de la nature, j'ai retrouvé lundi mon bureau, mes dossiers, mes collègues. 
Bon. Pas d'enthousiasme démesuré. 
Le travail ne manque pas, et il va dans le sens d'une acceptation par le système, lente, certes, et encore tellement fragile, du changement de regard que nous impulsons

Je me dis que cela m'aide à ne pas me languir trop de la mer, mais le manque s'en fait sentir cruellement.

Le mois d'août favorise d'autres modes de relation, un peu plus détendus. Les regards se font plus ouverts, les sourires plus fournis. Quelques instants de confidences et de complicité se glissent dans les interstices.
Je savoure et je veille en même temps, car je me laisse parfois envahir encore, et ne le veux plus.

Mardi un vrai temps amical et pro au déjeuner. Nous ne verrons pas le temps passer,une fois encore.
L'écouter et l'aider à formuler ses soucis du moment. La santé. Le travail. La vie.
La remercier car le récit de son burn-out m'a permis, de justesse, d'éviter la même chausse-trappe en juin en dépit des journées très longues et des nuits de plus en plus courtes. 
Lui raconter ce que j'ai écrit. Accepter qu'elle me dise ce que je sais, c'est à dire que je n'ai pas vraiment décroché cette fois-ci. Ce n'est pas pour rien que j'ai tant de mal à revenir...Je dois lâcher. Vertige. 
L'ego. Celui-là toujours. 
La peur de n'être plus rien si je lâche.
Ça grippe et ça grince.
Je sais que ça lâchera. Un jour.

Reprendre le fil des contacts avec ceux et celles qui forment mon réseau d'ami(e)s, ce tissu léger qui chatoie, vivant, ondulant au fil du temps. 
Celui qui retient les perles de rosée.
La tunique des elfes est faite de ce matériau-là. 
Memo : retrouver ses propriétés pour m'en inspirer ;-)


9 août 2011

Araignée, hirondelle

C’est son regard que j’ai remarqué en premier. Un regard très noir, ardent, vif. Dans une petite femme joyeuse. Bien que seule, elle était manifestement en couple, et heureuse. 
Au fil des échanges, nous apprîmes qu’elle était veuve depuis 4 ans. R. était mort sur le coup en rentrant du travail un soir tard, à quelques centaines de mètre de sa maison, le jour des 7 ans de leur cadet. 

Quatre ans après, elle le voit partout. 
Dans le visage du cadet, dans sa démarche qu’elle contemple parfois, les jours de nostalgie. 
Dans le caractère de l’ainé si serein. 
Dans chacune des araignées qui croise sa route. Car disait-il, passionné de ces bestioles depuis toujours, je me réincarnerai en araignée. Depuis, en dépit de sa trouille, elle les sort délicatement sur un papier en leur parlant.

Jusqu’à ce que la mort nous sépare dit-elle ? C’est faux, la mort ne sépare pas ceux qui s’aiment. Et elle sourit.

Elle, rêve de se retrouver hirondelle.

15 juillet 2011

Juste par l'oreille

Quand son ami avait évoqué ses questionnements, je lui ai proposé spontanément de nous mettre en lien.
J'étais déjà au téléphone quand il a appelé, j'ai eu le sentiment que nous nous connaissions déjà, mais non. Nous avons repris rendez-vous à un moment plus approprié, dans cet endroit si propice à dénouer et tisser autrement.

Il m'a raconté son parcours. Ce besoin intense de devenir lui-même. Ses dernières expériences et leur fin brusque. La manière déterminée dont il s'attachait à développer son activité en solo à présent.
Je ne voyais pas bien quelle était sa difficulté. 

Donc j'ai raconté mon propre chemin. Là où j'en étais, avec ce qui apparaît ces derniers temps. Comment mes nouvelles compétences se conjuguent aux anciennes, ce dont je ne rêvais même pas. Et ce havre de paix, à côté, ces moments tellement privilégiés où je pose mon propre cadre. Comment je ne me pose plus la question de demain, tant aujourd'hui est plein de sens, et parce que je sais être sur ma route.

Nous avons échangé plus finement sur nos pratiques. Des différences, certes, et en commun cette recherche de liberté pour nous, pour ceux qui font appel à nous. 

Puis nous sommes revenus sur son amertume. Sur le fait que la confusion des cadres ne pouvait se terminer autrement.
Nous nous sommes promis de rester en lien.


Je comprends pourquoi ils sont amis. Tant de finesse, tant de générosité.
Une belle rencontre.

4 juillet 2011

J'ai ouvert Roustang tout à l'heure, "au hasard", après cette tranche de temps particulière, et suis "tombée" sur ce passage.

"Car la relation entre deux humains, en deçà de l'amour, de l'empathie ou de la reconnaissance, consiste à donner et à recevoir l'existence, sans préjuger de la forme qu'elle pourra prendre. Le saisissement ou l'émerveillement face à un petit enfant ou à un adolescent, sans nullement prévoir ce qu'ils vont devenir, suffisent déjà à les faire croître. Ce n'est pas de l'amour ou de la sympathie, c'est un arrêt ou un étonnement devant la vie qui se cherche, devant ce fantastique effort pour trouver un chemin qui ne se dérobe pas, devant ce rêve qui tarde à prendre consistance"
la fin de la plainte, page 80.

La confiance en la vie comme seul support...

NB : J'ai observé aujourd'hui combien j'ai du mal à accepter ce qui s'est unifié en moi là. Mais promis, je lâche mes doutes et écoute mon intuition.

Recherche : la relation

C'est probablement le sujet phare de l'année, pour moi. J'en ai un peu parlé ici, je travaille quasi en continu sur le concept de sauca. Une notion de "propreté relationnelle" : comment je suis en lien sans que mon espace empiète sur l'espace de l'autre et inversement.

Ces derniers temps, j'ai fait le lien entre le franchissement de cette limite, et une sensation physique qui est de l'ordre de l'excitation, du trouble ( comme le jus de pomme, dit-elle avec tant de justesse). Une espèce d'invasion d'émotion. Assez étonnant à vivre, et un très précieux indicateur au quotidien.
Bien sûr il y a l'autre extrême où le lien est coupé, où l'on sent cette vitre qui nous sépare et où l'on se heurte.

A contrario la relation "juste à la bonne distance" se manifeste par un grand calme intérieur, un énorme espace silencieux de lien où ça circule avec ampleur, avec douceur, dans la joie, d'où je perçois l'autre au-delà des mots. Des moments où la relation se déploie sans attente, sans projection. Juste quelques instants ponctuels et précieux.

Merci Tanakia pour cette rencontre et ce très beau concept d'amae, être en lien, prendre soin sans besoin de mots.

11 juin 2011

Une rencontre

Ces deux dernières semaines ont été tellement intenses, avec des moments si exceptionnels, que je ne sais par où commencer.

Hier, ce candidat que j'ai reçu alors que je n'ai plus de poste à pourvoir, et qui s'est révélé quelqu'un de tellement différent.  Ses dons affleuraient dans son cv, sans qu'aucun indice puisse me donner une piste concrète. Alors j'ai posé la question, quand la communication a été pleinement établie, au point que j'aurais pu finir ses phrases ou les deviner. Nous sommes passés à d'autres niveaux de communication. Bien au-delà d'un échange de pratiques entre thérapeutes, une sorte de reconnaissance réciproque au-delà du langage et d'un lien affectif. Nous sommes de la même famille.
Pour conclure, nous sommes revenus dans l'entreprise, afin d'évoquer les pistes pour rester lui-même en s'exposant moins à la rancœur de ceux qui ont perdu cette lumière qui l'habite incroyablement, rester lui-même aussi dans la manière d'utiliser son énergie ici ou ailleurs. Pouvoir transmettre ce que j'ai appris à ce niveau-là donne du sens aux difficultés que j'ai vécues ( voir ici et ). Car cette violence que l'on reçoit en pleine face, c'est la violence que l'on envoie sans y prendre garde à revendiquer la joie.(Les yoga sutra nous disent que quand on est dans la non violence, la violence se délite)

J'ai passé son cv à un homme très exceptionnel aussi, assez pour l'accepter tel qu'il est, et prendre soin de ses talents. A suivre.


10 juin 2011

L'homme d'eau claire

Dans la suite des portraits de la femme pintade et de la femme épagneul.

Sa source était amère et presque tarie quand je l'ai rencontré. J'y croyais pourtant, parce que j'ai vécu et vu tant de renaissances, et puis, nul ne sait jamais, alors il faut tenter. 

Nous avons laissé le temps s'arrêter, même quand il ne s'y prêtait pas, nous sommes assis au bord  et avons devisé doucement, dans la confiance de ce qui était là, sans observer vraiment, juste en nous laissant flotter sur la brise. 

Le murmure continu des voix, charme ténu, mais un des plus puissants, quand il est sincère.

Je ne sais à quel moment nous avons tourné la tête. Mais l'eau était revenue. Presque cachée par les cailloux et les  brindilles, encore saumâtre, mais bien présente.

Nous avons continué, l'espoir au coeur.


L'eau coule à nouveau, de plus en plus joyeuse, même si des nuages l'obscurcissent par moment, même si des sanglots la voilent parfois. 
Les oiseaux et les petits rongeurs viennent s'y abreuver, maintenant.


Il m'émeut, l'homme d'eau claire. 
J'aimerais qu'il trouve sa force, pour se protéger aujourd'hui et demain, sans y perdre sa clarté. 

30 mai 2011

Le café du mercredi

C'était devenu comme un rituel toute cette année-là, le café, avec un carré de chocolat.
Les enfants se retrouvant avec bonheur, et nous, prenant ce temps d'échange. Chez eux, chez nous, au gré des accompagnements tant ils étaient comme jumeaux, nos garçons.
Avec elle, parfois.
Avec lui, plus souvent encore.
La vie au milieu, ses petits riens, ses grands enjeux, les réussites et les découvertes, les livres, les films, nos regards attendris, les coups de gueule et les émerveillements.
Et puis  il y a eu les épreuves. Devant ce qui prend par surprise, et secoue si fort, les habitudes volent en éclats, les regards se dénudent, les sujets deviennent autres.
L'amitié dans les mots et dans les silences.
Tu nous manques tant.

8 avril 2011

Le parfum du lilas (2)

J'arrive, la chambre vide, quelques secondes de stress absolu. Mais il est juste devant moi, sur le brancard qui l'emmène. 
Deux amis sont là, nous lui emboitons le pas tous trois, traversant cet immense hopital gorgé de soleil. 

Une salle tristoune en sous-sol. Des malades, des familles, la tristesse de la vie à moitié partie, l'angoisse, regards perdus.
Nous nous connaissons de vue, mais nous aurons une si belle conversation dans l'heure à attendre. 
La vie, l'amitié, l'enfance, blessures et beauté, tout y passe, l'amour, le boulot, les convictions, les enfants. Les souvenirs et moments partagés.
Pas le temps pour tourner autour du pot. L'amitié comme fanal. Demain comme un point d'interrogation que nous n'interrogeons pas.
Il sort enfin. Tellement ko.
Nous grimpons dans l'ambulance pour le raccompagner à sa chambre.
La tendresse de ces hommes donnant à manger à leur ami.
La tendresse de cet homme dans sa souffrance. Qui sait et qui ne sait pas.

Il est tard, rien ne presse pourtant.
Pas le temps à perdre à ressasser.
Vivre, en laissant de côté ce qui n'est que chimère.
Tant de choses à trier, tant à aimer.
Maintenant.

Ce midi, trouver le temps de faire une pause, profiter du soleil, un peu.
Y retourner demain.

23 février 2011

Le jour du pissenlit

Un jour commencé bien trop tôt, à me tourner et retourner, pensées et sentiments tout emmêlés...
Une sauterelle plus tard, un duo amical se reformait autour d'un Panettone et de thé au jasmin après tant de mois à ne plus trouver le temps des échanges intimes ...

Le temps que toute la bande déjeune, en je ne sais combien de services, il était trop tard pour une nouvelle séance de yoga avec mes débutants d'hier. Dommage, je leur réservais un beau cobra !

Les poussins égayés partout dans le village accroché au ciel, nous ont fait découvrir des violettes parfumées et une douce arche tapie de mousse abritant du vent un banc ensoleillé.

Ronchonnerie chassée par un coup de tendresse pour leurs petites joues,  des parties de tennis de table ( en plein vent !) et un monopoly plus loin, tout allait bien.

Les pissenlits ont fait le reste. Nous sommes allées en duo dénicher  pour le déjeuner ceux qui se cachaient bien et laisser leurs voisins trop visibles. Au passage, découvrir les jeunes plantes printanières. Ma paume imprudente garde encore la trace des orties bien vivaces. Au menu, visite aux choux Romanesco et essais de définition de l'amour, oh non, rien ne nous arrête !


Et toujours les partages en tous sens : recettes,  gestion de projets et mise en page de cv, invitation pour we de théâtre, informatique et musique, tant de chose à s'apprendre, tant de complicité.


Pour point d'orgue à ce qui s'est transformé en stage autogéré, une séance de biodanza, sur le thème des 4 éléments. Une danse en solo, duo, bande entière. De quoi construire une harmonie collective inégalée dans ce groupe improbable, au-delà des souffrances et malentendus.

Quelques embrassades avant de se quitter, avant la prochaine fois. Quand, où, avec qui d'autre ? Peu importe avec ce que nous ramenons chacun dans nos cœurs...


J'ai le sentiment d'avoir vécu ces 2 jours un  très beau voyage. Vraies vacances en pays humaniste, idéaliste, congruent. J'en ressors lavée, assez vide pour que la joie retrouve sa place de choix, et pleine d'amour.
 
 Et demain ? on verra bien !

22 février 2011

Le jour du cresson

Une de ces journées improbables qui s'offrent quand on lâche...

Acte 1 : le silence, une voix calme, l'energie qui coule dans les corps,

Acte 2 : Les deux voix de l'eau, la puissance de la cascade, et le murmure joyeux de la petite rivière,
du cresson sauvage vigoureux, qui sera emporté dans la nouvelle écharpe pleine de couleur
deux voix féminines entremêlées dans le partage : la douleur et la joie, la vie quoi,
deux silhouettes accroupies, doigts dans l'eau froide, yeux sur les mille étoiles de l'eau vive, 
au loin les hommes petits et grands qui jouent à Tarzan sur les pierres glissantes.

Acte 3 : le jeu du prana dans les mains, 
le toucher qui donne et qui reçoit, 
muscles qui se détendent et coeur qui s'ouvre
en fond sonore des enfants qui ne se connaissaient pas hier encore et qui jouent comme frères et sœurs ( les bagarres en moins !).

et tout le reste, la cuisine, le tas de bois, la grande tablée, le feu dans le poêle brulant, la montagne , si belle. Tous ces visages, 3 générations et demi, de quatre familles, et d'une seule en même temps.
La cuirasse qui s'ouvre pour laisser passer la lumière, enfin...Entre fêlés ;-)

Après tant de dons, il est temps de dormir.

15 janvier 2011

La fête

Il y a longtemps, la fête c'était boire, rigoler, danser, et échapper aux danseurs trop entreprenants pour finir la nuit à refaire le monde avec les copains. 

Puis il y a eu des périodes sans danser et sans boire, sans faire la fête vraiment. L'heure était autre : se construire, créer, donner la vie, assumer tant bien que mal tout ce qui débordait de partout.

Il a fallu trouver la tristesse pour pouvoir trouver la joie, la vraie, celle qui n'est pas cette cuirasse factice qui dissimule si mal mes failles. Il a fallu des fêtes où j'étais en confiance pour retrouver le goût de m'amuser,. Bouger comme mon corps le voulait, accepter les émotions telles qu'elles venaient, parfois l'ennui, parfois la joie.

J'aime de plus en plus la fête, la vraie, celle qui n'est pas fuite dans la distraction mais célébration de la vie. Dans ces moments particuliers, tout est possible, on peut boire un peu, beaucoup ou pas du tout, danser ou choisir de ne pas danser, rigoler, discuter sérieusement ou partager les peines les plus intenses, et souvent tout ça à la fois. On peut aimer d'emblée des inconnus dont on se sent frères d'âmes, et qu'on ne reverra peut-être jamais, découvrir dans des personnes croisées tous les jours tant de choses communes, et célébrer, célébrer encore, d'être vivants, d'être ensemble, avec des larmes parfois au coin des yeux.

11 mai 2010

D'où l'on se relie

Encore et toujours l'expérience suivante.

Il y a des relations qui s'appuient sur le vide de chacun, le manque, le besoin.
Ce qu'elles donnent ? De l'excitation, de l'agitation, de la confusion, mais pas grand chose de plus.

Et puis il y a celles qui s'appuient sur le cœur, le don, l'amour. Elles ne demandent rien, elles obtiennent à profusion, fleurissent jusque dans l'adversité.


Surtout ne jamais oublier d'observer d'où je me relie.