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5 février 2012

Ce qu'elles disent

Tu es si jeune, me disent-elles.

Parfois, je ne le sentais plus, écrasée par ce qui paraissait immuable.
Je sens à nouveau l'air bouger autour de moi.


Tu ne vas pas rester seule, quand même ! disent-elles encore.

Pour l'instant je vois ce nouveau nid à installer, et les enfants à entourer.
Je n'attends rien, ne cherche rien. Être accompagnée n'est pas une fin en soi.
Quelle place pour l'amour y aura-t-il dans ma vie de demain ? Je n'en sais rien et ne veux rien savoir de demain. Quand bien même n'y aurait-il que ( !) de l'amitié, ce serait si beau.

Je veux être là, aujourd'hui. Entière.
En relation vivante avec le monde autour de moi. Et sans dépendance.

18 décembre 2011

La relation, toujours

Ce matin j'ai lu ceci. Et comme je suis curieuse, je me suis replongée dans les définitions des mots multiples qui pour les Grecs de l'antiquité désignaient les sortes d'amour : eros,  philia, storgè et agapè.

Si je résume de façon très schématique ce que j'ai lu ce matin (les citations proviennent de Wikipedia): 

eros, c'est la recherche de ce qui va me redonner mon unité perdue, "la force qui pousse les moitiés les unes vers les autres après leurs séparations par les Dieux".

philia est une autre sorte d'amour, celui qui prend soin de l'autre. "Dans l’Éthique à Nicomaque, Aristote appelle philia l'affection qui fait que nous aimons un être pour ce qu'il est et non pour ce qu'il peut nous apporter. "

agapè l'amour inconditionnel, universel, celui qu'on porte sans distinction de personne.  "Le terme est utilisé par les chrétiens pour décrire l'amour de Dieu, tel qu'il est décrit dans la Bible, envers les hommes. C'est notamment le mot employé tout au long du Nouveau testament (rédigé en grec par ses différents auteurs), pour la qualité d'amour totalement désintéressé dont Dieu seul est capable, mais qu'il propose de donner à ses disciples par le Saint Esprit"

storgè est l'amour qu'on porte à sa famille : parents, enfants etc.


Une fois ceci posé, où en suis-je moi dans mes relations ? 
Qu'est-ce qui tient de ce que je chercher chez l'autre, faute de le trouver/de le voir en moi ? 
Qu'est-ce qui tient de l'attention, du soin, donné à l'autre ? 
Comment un "bain d'agapè" permet-il parfois de renouveler le rapport au monde ?

Parfois les questions forment une étape à elles seules.

5 décembre 2011

Un jour nouveau

Ce matin j'ai compris quelque chose, et j'ai pris une décision.
Celle ne plus laisser envahir aucune relation par la plainte, que ce soit celle de l'autre ou la mienne.

30 novembre 2011

Sourires : les vrais, les faux


Ma première réaction à la description des 18 types de sourire a été de me réjouir de savoir discerner aujourd'hui entre "vrais" et "faux" sourire.
D'observer que cette capacité à faire le lien entre ce que je ressens et l'écart entre l'état de la personne et ce qu'elle donne à voir,  me préserve du malaise diffus que je ressentais autrefois très violemment. Ainsi, c'est comme si je n'étais (en général) plus "contaminée" par cette distorsion, puisqu'elle devient extérieure, et non plus imputable à une défaillance de mon système de perception et d’interprétation.

Bon.

Une fois cette petite autosatisfaction posée, je me suis demandé ce qu'il en était de mes propres sourires.

Aujourd'hui, je crois que la plus grande majorité de mes sourires est vraie, signe d'amusement, de joie, de lien. Sourires des yeux, sourire du cœur, légèreté d'enfance. Que c'est bon !

Mais il y a tout de même des circonstances où mon rôle social prend le dessus, où je me dis que la mauvaise humeur ne passerait pas, que c'est plus simple de faire semblant. Je crois que dans ces cas-là,  j'ai fait le deuil de la relation, celle qui implique un échange, une modification par l'autre de mon point de vue. Le masque est là, verrouillé.
Que c'est pénible ! Je ne suis clairement plus dans cette véracité que propose le yoga, dans le relation aux autres ( le deuxième yama, juste après l'absence de violence).

Il y a probablement une part de ces circonstances-là, où, en posant plus clairement mes limites, en accueillant vraiment ce qui est, en explicitant au moins pour ma gouverne ce qui me pose problème, je pourrais (tenter de) sortir de cette impasse et aller vers du vrai, dans le respect de chacun des deux.

Mais peut-être n'ai-je pas toujours ce choix. Il faut être deux pour sortir de l'impasse...Certains blindages résistent aux sourires vrais.

Il me faudra observer ce qu'il en est. Faire le choix d'essayer ou non, dans l'instant.

11 novembre 2011

Vignettes d'enfance

Dans les cadeaux du moment, il y a ces moments de joie d'enfance où tout pétille.

La joie d'être intensément sérieuse tout en jouant, en créant.

Hier, monter cette réunion avec R. où nous allons croiser nos savoir-faire pour construire quelque chose d'encore inédit.
R. a toute l'apparence d'un homme sérieux.  Sous sa discrétion c'est un homme brillant, inventif, direct, passionné. Nous nous étions croisés à une réunion, je ne me souviens plus exactement comment nous avons commencé à parler, mais en moins de trois minutes, c'était parti, on avait déjà échangé tout ce que nous faisions, nos projets, nos idées, notre vision. Pas besoin de se voir beaucoup pour partager.
Donc hier, nous profitons du trajet en voiture pour construire notre atelier. Nous coupant la parole tant les idées se bousculent, et riant d'avance de notre farce au système. Quelques coups de fil pour mettre dans la confidence celui qui nous aide discrètement et en rit avec nous. 
De vrais gamins.


La joie de l'échange sans ombre

Je me souviens encore de ce petit garçon rencontré le premier jour de maternelle. 
Jour de deuil de la liberté. Je ne savais pas encore à quel point...
Et pourtant, tant de fraicheur, de grâce, dans ces jeux partagés. Pas de trace de son nom, ni de son visage, juste cette sensation de simplicité qui avait fait s'envoler mon chagrin. 
Je retrouve ça par instant dans ma fratrie de cœur. Ça me questionne parfois, tellement de bonheur, et puis je lâche et m'abandonne à la joie. 
Au fond, les sujets importent peu car il s'agit d'amour, celui qui donne et n'attend rien.

Tellement doux. Dans cette vie où je me malmène encore un peu, trop.

7 octobre 2011

Deux jours hors cadre

Deux jours de travail, hors cadre habituel. 

J'expérimente ma nouvelle peau. La mue a été douloureuse, c'est comme un  repos.
Etre plus directe, plus sereine.

Ne pas me forcer à la conversation si je m'ennuie, aller voir seule ce ciel si beau, m'en nourrir.
Danser si je veux, aller me coucher quand j'ai sommeil, quand mon corps me dit stop.

Écarter ces mots qui n'ont l'air de rien, mais qui opposent, salissent, travestissent. Ceux de l'Ogre. Sans violence pourtant. D'ailleurs il ne me cherchera pas. Par contre, il cherchera à faire peur à d'autres pour se dédouaner. Sa folie ne s'arrange pas. Devient publique. C'est sain que cela devienne aussi visible.

Retrouver ceux que j'apprécie, pour travailler et rire aussi.  Entendre et dire. Parfois me dire.

Rencontrer de nouvelles personnes, sans cette crainte qui me faisait sans doute vouloir briller un peu trop, prouver que j'étais "intéressante", comme pour "m'acheter une place au soleil". 
A contrario laisser la conversation s'approfondir, par couches successives, jusqu’où elle peut s'épanouir, sans rien en attendre, et savourer ce cadeau si étonnant, l'ouverture, qu'est la rencontre. Je confirme que la peur est partie. Cette peur-là, au moins.

La fatigue pèse un peu moins. C'est bon.

4 octobre 2011

La place du corps

Mon corps  a longtemps été pour moi un obstacle à la paix intérieure. 

Parce que ne le sentant pas, ne l'acceptant pas de l'intérieur, il était une source de malaise pour moi. 
Pas envie d'être un objet, ça non ! Je le niais souvent complètement. Les vêtements étant une façon de me cacher en étant conforme à ce qui était attendu dans mon rôle social.
Donc il y avait les vacances, une certaine liberté et de joie du corps et, à l'opposé, cette habitude du "masquer pour être tranquille".

Dans le tourbillon de mes années de mère de jeune enfants, j'avais un peu occulté ce point. Il était reparu en force il y a quelques années, et depuis quelque chose s'est passé comme en fond de tâche. Pas toujours confortable. Avec même des crises de panique parfois.

Quelque chose change en ce moment.
La joie du corps, je la vis un peu plus au quotidien. Le yoga fait son œuvre, petit à petit.
Cette quarantaine aussi me porte à vivre un peu plus au présent.
De belle amitiés masculines qui m'aident à avancer, à mieux discerner ce qui entre en jeu, à dépasser mes blocages. 
Je veux essayer de mettre cette nouvelle équation en mots pour marquer cette étape.
Je peux aujourd'hui être très proche d'un homme y compris émotionnellement sans qu'il y ait d’ambiguïté et de rapport de séduction. Le corps, ma féminité,  a une place dans le lien, qui n'est pas celle du désir.

Cette distinction me libère d'une confusion, d'une espèce de chape de plomb dont j'ai probablement hérité des femmes de ma famille, d'un certain regard social, qui se manifeste dans un tas de petites phrases pernicieuses y compris dans l'entreprise. D'une alternative entre le corps objet du regard avant toute chose qui renvoie, en écho,  à la  peur de l'homme, de son emprise, du rapport de force, du viol ; et le corps asexué, nié, transparent, comme "mort". Voire les deux ensemble, comme dans cette histoire sinistre qui hélas est l'histoire de trop de femmes.

La seul exception était jusque-là la relation à mon homme, avec la confiance et l'amour comme socles "absolus".

C'est aussi ce que je voulais travailler grâce aux déesses, dont j'ai parlé ici. Aphrodite bien sûr. La plénitude de vie en moi, en dehors de ce que je fais, de ce que je porte, de ma maternité. J'aime danser, rire, laisser éclater ma joie.

Du coup, même si rien ne change extérieurement, il semble que mon changement intérieur soit sensible. Peut-être est-ce un hasard mais, ces derniers jours, je n'arrête pas de me faire draguer. Et d'une manière assez élégante. Je décline car je ne cherche pas de relation éphémère, mais sans agressivité, car je ne me sens pas "atteinte" dans mon intégrité.
Il me semble sortir, enfin, de ce rapport qu'on pourrait qualifier d'adolescent au regard de l'autre, et en retire de la paix, de la joie.

C'est un sujet qui m'intrigue. Vos partages sont les bienvenus, hommes comme femmes.

2 octobre 2011

Les évidences, le doute

Il est de certaines rencontres comme des évidences.
Quelque chose est juste, qui passe par tous les sens.  Le regard, la voix, et un je ne sais quoi qui passe par la peau, et touche au cœur, même à distance. La confiance est possible.


Parfois c'est entier, comme si les âmes se parlaient. 
Je n'ai pas les mots devant ce qui s'échange là d'essentiel. 
Une Rencontre. 
Quelque chose qui bouscule intensément, car d'un coup, les limites s'effacent. 
Vertige. Douceur.


D'autres fois, ce sera moins entier. Accepter que le lien soit partiel, et qu'il ait tout de même une valeur, dans un certain cadre. Une alliance possible.
Je pense à A. en écrivant ça. Une de ces alliances professionnelles conclues très vite, à un séminaire. Partielle car c'est une femme de pouvoir, dans un contexte où l'influence est reine. De cœur tout de même car elle voit la personne par-delà le rôle, et s'y intéresse sincèrement. Nous avons assez peu de contacts, mais nous savons très vite nous accorder.


Dans tous les cas, si la relation dure, explorer les continents, parfois tomber sur des frontières et rebrousser chemin car il  n'est pas temps. Découvrir une faille qu'on peut sauter à cloche-pieds ou un océan profond. Se tromper si souvent.
Respecter la vie dans cette forme si différente de la mienne.

Découvrir une fois encore comment mes peurs sont mes limites. Parfois justifiées, parfois non.Tâtonner là encore. 
Ecarter les vieilles images, qu'elles soient jolies ou terrifiantes, pour être là, présente, dans cette réalité unique, à un instant unique.

29 septembre 2011

Porter, être portée

Il y a plus d'un an, j'expérimentais dans mon corps combien il était difficile de se laisser porter. 

Ces derniers jours, alors même que les nuits s'assèchent et que les journées deviennent aussi longues que la traversée d'un désert brûlant, je vis dans mon équipe, tour à tour,  le bonheur de porter et celui d'être portée. 
Des regards attentifs, des messages bienveillants, un déjeuner paisible, de vrais éclats de rire. 
Ce que je rêvais commence à venir.
(et on bosse dur , on entraîne du monde avec nous, on fait des émules !Quand je vous dis combien j'ai de la chance...)

Oui, le rêve est le chemin.

Je vous laisse, mon oreiller m'appelle ;-)

16 septembre 2011

Le rêve et le chemin

En juin j'ai rêvé. Maintenant que la réalité est là, il reste à construire.
Quatre caractères, quatre histoires, des accrocs.
Il faut trouver les liens, comment faire se rencontrer les forces de chacun.Que chacun y trouve son compte.

Que j'investisse le temps, le soin, pour cultiver ce jardin-là, patiemment.

Donner du sens, poser le cadre, les règles, être en ressource.

Dormir, manger, ne pas courir trop souvent loin d'eux sur mes propres chemins.
Faire de mon mieux.

En leur laissant ce qui leur appartient.

26 août 2011

Début

Début d'amitié.
L'émotion comme indice de ce qui se passe ici, maintenant.
Ce qui est touché, et qui vibre dans les tripes. La chaude profondeur de la contrebasse.

Intensité et lenteur de l'instant partagé qui se grave. 
Souffle retenu devant ce paquet qui s'ouvre sur des surprises inconnues. 
Souffle coupé devant tant de beauté.
Les joues qui chauffent. Les regards qui pétillent.
Les mots et sujets qui se bousculent. Parfois le silence.

Ces instants, d'autres instants, qui viennent se tisser au long écheveau de soie et de lin. Ajouter leur couleur, leurs points particuliers.

Parfois la peur du trop, de la confusion, de l'attachement. D'une fin.

Laisser le soleil, le vent, la pluie jouer leurs tours et détours.
Les couleurs passeront peut-être, certains brins s'effilocheront, certainement.

Et puis, la vie est si courte. 
Seuls les instants partagés sont éternels.

8 juillet 2011

Hier soir

Je suis arrivée portée par l'extraordinaire nouvelle à notre diner annuel d'été.
Quartier branché, ambiance festive, tellement loin de ce que je vis d'habitude. Autant cela ne me manque pas, autant j'apprécie aussi, comme une fenêtre ouverte sur cet autre monde.

L'une était là. Pas besoin de beaucoup de mots entre nous. Un regard suffit souvent. Ta présence a changé, me dit-elle.

L'autre a parlé toute la soirée. Trop d'énergie pour ma petite forme.

De temps en temps, je regardais la rue, chaleur et poussière, l'air de l'été.

Être là à parler de la mort, du temps. Être là, ensemble.

4 juillet 2011

J'ai ouvert Roustang tout à l'heure, "au hasard", après cette tranche de temps particulière, et suis "tombée" sur ce passage.

"Car la relation entre deux humains, en deçà de l'amour, de l'empathie ou de la reconnaissance, consiste à donner et à recevoir l'existence, sans préjuger de la forme qu'elle pourra prendre. Le saisissement ou l'émerveillement face à un petit enfant ou à un adolescent, sans nullement prévoir ce qu'ils vont devenir, suffisent déjà à les faire croître. Ce n'est pas de l'amour ou de la sympathie, c'est un arrêt ou un étonnement devant la vie qui se cherche, devant ce fantastique effort pour trouver un chemin qui ne se dérobe pas, devant ce rêve qui tarde à prendre consistance"
la fin de la plainte, page 80.

La confiance en la vie comme seul support...

NB : J'ai observé aujourd'hui combien j'ai du mal à accepter ce qui s'est unifié en moi là. Mais promis, je lâche mes doutes et écoute mon intuition.

Recherche : la relation

C'est probablement le sujet phare de l'année, pour moi. J'en ai un peu parlé ici, je travaille quasi en continu sur le concept de sauca. Une notion de "propreté relationnelle" : comment je suis en lien sans que mon espace empiète sur l'espace de l'autre et inversement.

Ces derniers temps, j'ai fait le lien entre le franchissement de cette limite, et une sensation physique qui est de l'ordre de l'excitation, du trouble ( comme le jus de pomme, dit-elle avec tant de justesse). Une espèce d'invasion d'émotion. Assez étonnant à vivre, et un très précieux indicateur au quotidien.
Bien sûr il y a l'autre extrême où le lien est coupé, où l'on sent cette vitre qui nous sépare et où l'on se heurte.

A contrario la relation "juste à la bonne distance" se manifeste par un grand calme intérieur, un énorme espace silencieux de lien où ça circule avec ampleur, avec douceur, dans la joie, d'où je perçois l'autre au-delà des mots. Des moments où la relation se déploie sans attente, sans projection. Juste quelques instants ponctuels et précieux.

Merci Tanakia pour cette rencontre et ce très beau concept d'amae, être en lien, prendre soin sans besoin de mots.

24 juin 2011

Contrat

Je prends des risques.
J'ai proposé aujourd'hui une espèce de contrat à l'homme d'eau claire. L'exploration des petits cailloux relationnels, à son profit, au mien.
Il a le choix bien sûr. C'est une expérience dont on peut sortir à tout moment.
Le but ? Pour lui, l'expérience de dire ce qui ne va pas plutôt que le subir et d'en souffrir.
Pour moi l'opportunité d'améliorer mon comportement.
Le point d'appui, cette écoute réciproque pas si courante, et la confiance.
C'est l'intuition du jour. Qui ne tente rien...

23 juin 2011

Dans l'instant

Encore une journée multi-journées. Mon plus sûr allié est de prendre un temps après l'autre, d'en tirer à chaque fois le plaisir du moment, cette douceur qui fait glisser ce qui pourrait gripper. Prendre chaque instant de détente possible comme une fête. Me laisser porter par le collectif aussi, puisqu'il existe.

Une journée de relations : négociation, recrutement, construction, motivation, soutien, innovation, animation, écoute, coaching, partage. Je savoure ce qui se construit là, ici et maintenant. Ce qui s'épanouit dans ce paysage un instant dégagé.

Et ce soir une conversation particulière, qui va peut-être aider à remettre en circulation ce qui était bloqué chez l'autre protagoniste de l'histoire. La partie n'est pas facile, ma posture sera essentielle, seule l'immobilité peut faire cette œuvre-là. A son rythme propre. La confiance comme seul guide dans ces terres étranges où l'intellect n'a que faire. (M'inspirer d'Orphée, et faire confiance à l'oreille jusqu'à la sortie des enfers, sans douter un instant).

11 juin 2011

Une rencontre

Ces deux dernières semaines ont été tellement intenses, avec des moments si exceptionnels, que je ne sais par où commencer.

Hier, ce candidat que j'ai reçu alors que je n'ai plus de poste à pourvoir, et qui s'est révélé quelqu'un de tellement différent.  Ses dons affleuraient dans son cv, sans qu'aucun indice puisse me donner une piste concrète. Alors j'ai posé la question, quand la communication a été pleinement établie, au point que j'aurais pu finir ses phrases ou les deviner. Nous sommes passés à d'autres niveaux de communication. Bien au-delà d'un échange de pratiques entre thérapeutes, une sorte de reconnaissance réciproque au-delà du langage et d'un lien affectif. Nous sommes de la même famille.
Pour conclure, nous sommes revenus dans l'entreprise, afin d'évoquer les pistes pour rester lui-même en s'exposant moins à la rancœur de ceux qui ont perdu cette lumière qui l'habite incroyablement, rester lui-même aussi dans la manière d'utiliser son énergie ici ou ailleurs. Pouvoir transmettre ce que j'ai appris à ce niveau-là donne du sens aux difficultés que j'ai vécues ( voir ici et là). Car cette violence que l'on reçoit en pleine face, c'est la violence que l'on envoie sans y prendre garde à revendiquer la joie.(Les yoga sutra nous disent que quand on est dans la non violence, la violence se délite)

J'ai passé son cv à un homme très exceptionnel aussi, assez pour l'accepter tel qu'il est, et prendre soin de ses talents. A suivre.


11 décembre 2010

Une histoire de sons

L'harmonie, ce n'est pas de tous jouer la même chose, mais au contraire quand  les rythmes et voix (voies allais-je écrire !) de chacun s'entrelacent dans un ensemble cohérent et équilibré.

Pas de partition dans la vie ( et heureusement), à chacun de jouer la musique de son corps, de son coeur et de son âme. A l'oreille de chaque musicien d'écouter l'intérieur et l'extérieur à la fois pour qu'il y ait harmonie.

Là, je ne sais plus. Je ne vois pas d'autre solution que d'arrêter de jouer quelques instants, le temps de retrouver le fil perdu de l'harmonie.

nb : en l'écrivant, je sais que je me prescrirais de prendre le temps du silence, puis de recommencer tout doux, en écoutant ce qui vibre à l'intérieur, peu importe les couacs avec les autres voix, et de ne pas toujours chercher l'harmonie globale à tous prix, car paradoxalement, c'est en la cherchant que je la mets en péril...

4 décembre 2010

Lancer un filin

et puis attendre, la confiance au coeur

28 septembre 2010

La femme-épagneul

Je continue ma petite série des portraits-pour-rire-et-me-faire-du-bien.
Que ce soit clair, il ne s'agit que de jouer avec des relations qui grincent, du fait de mes représentations, pour les huiler !
Exposer mes jugements et a-priori, pour qu'ils se délitent au vent.

Une fois ces précautions prises (et elles sont d'importance !), je vais vous parler de la femme-épagneul.


Je l'aime bien, parce qu'elle est plutôt gentille.
Je l'apprécie, car elle est intelligente, s'intéresse "au fond" des dossiers.
Et en même temps, elle m'agace avec ses "ma pauvre " en permanence, et ses critiques acerbes sur tout le monde.
J'ai l'impression d'avoir 6 ans quand elle me regarde.

Elle se plaint, oui, elle se plaint.
Je la plains de se plaindre autant.
Et pourtant, même si elle en souffre au point de perdre le sourire, elle n'est pas prête à en sortir.

Mordiller, oui, faire "la belle", juste après, et japper.
Secouer les oreilles tristement en regardant de ses grands yeux quand elle prend un coup de pied de plus.
En espérant toujours une caresse du maître qui s'en fout .
Mais pas lâcher la laisse.


Je lui souhaite de découvrir que cette laisse n'existe pas.
Et en attendant, je n'ai pas l'intention de m'y attacher !
Ni de m'épuiser à essayer de la convaincre comme je l'ai tenté ces derniers mois!

"Chacun sa route
Chacun son chemin
Passe le message a ton voisin", comme dit Tonton David.