8 juillet 2011

Hier soir

Je suis arrivée portée par l'extraordinaire nouvelle à notre diner annuel d'été.
Quartier branché, ambiance festive, tellement loin de ce que je vis d'habitude. Autant cela ne me manque pas, autant j'apprécie aussi, comme une fenêtre ouverte sur cet autre monde.

L'une était là. Pas besoin de beaucoup de mots entre nous. Un regard suffit souvent. Ta présence a changé, me dit-elle.

L'autre a parlé toute la soirée. Trop d'énergie pour ma petite forme.

De temps en temps, je regardais la rue, chaleur et poussière, l'air de l'été.

Être là à parler de la mort, du temps. Être là, ensemble.

Derniers jours

J'arrive presque au bout de mes ressources. 
Je le sais à mes yeux qui piquent, mon dos qui se courbe, l'incapacité à me concentrer par moment. 
J'observe et m'accorde du lest, au fur et à mesure, un peu à la fois, le juste nécessaire pour que ça passe pour moi, pour ce qui doit être fait.

Je le sais au besoin de recontacter des sensations de nature. Un galet dans le creux de la main, l'air sur mon visage, l'éclair jaillissant d'une fontaine. 

Je le sais aussi par l'extraordinaire importance que prennent les relations. 
J'évite la colère des autres, qui me détruirait dans l'état où je suis. 
Je me nourris de la fraîcheur et de la franchise, de la sincérité, partout où je les trouve. 
Le pétillement d'un regard ou d'un rire, croiser B. que j'apprécie beaucoup même si beaucoup ne voient que son ego bien dimensionné.
Je passe mes journées à sourire.
J'ai sauté de joie à l'annonce hier soir de celui qui va travailler avec nous dorénavant. J'aurais sauté au cou de celui qui me l'a annoncé s'il avait été un autre ;-)

Mardi soir, je raccroche.

6 juillet 2011

le jardinier de l'Eden

Relu hier le jardinier de l'Eden de Clarissa Pinkola Estes, avant de le passer avec l'intuition de l'aide qu'il apporterait peut-être.
Un tout petit livre vite lu, mais un de ceux que je peux reprendre sans me lasser, tant ils me nourrissent.
Un livre fait d'histoires imbriquées, qui chacune nous mène un peu plus profond dans notre âme. 

Et notamment celle de cette forêt massacrée par les bulldozers, et qui est brûlée dans un rituel très spécial (des larmes et des gestes symboliques). La terre nue est grattée puis laissée à elle-même. C'est alors que viennent l'ensemencer tout ce qui imprègne l'air autour d'elle, jusqu'à donner une magnifique forêt sauvage.


Aller jusqu'au bout du nettoyage, puis laisser venir ce qui va ensemencer la vie.
Ça vous parle aussi?

4 juillet 2011

J'ai ouvert Roustang tout à l'heure, "au hasard", après cette tranche de temps particulière, et suis "tombée" sur ce passage.

"Car la relation entre deux humains, en deçà de l'amour, de l'empathie ou de la reconnaissance, consiste à donner et à recevoir l'existence, sans préjuger de la forme qu'elle pourra prendre. Le saisissement ou l'émerveillement face à un petit enfant ou à un adolescent, sans nullement prévoir ce qu'ils vont devenir, suffisent déjà à les faire croître. Ce n'est pas de l'amour ou de la sympathie, c'est un arrêt ou un étonnement devant la vie qui se cherche, devant ce fantastique effort pour trouver un chemin qui ne se dérobe pas, devant ce rêve qui tarde à prendre consistance"
la fin de la plainte, page 80.

La confiance en la vie comme seul support...

NB : J'ai observé aujourd'hui combien j'ai du mal à accepter ce qui s'est unifié en moi là. Mais promis, je lâche mes doutes et écoute mon intuition.

Recherche : la relation

C'est probablement le sujet phare de l'année, pour moi. J'en ai un peu parlé ici, je travaille quasi en continu sur le concept de sauca. Une notion de "propreté relationnelle" : comment je suis en lien sans que mon espace empiète sur l'espace de l'autre et inversement.

Ces derniers temps, j'ai fait le lien entre le franchissement de cette limite, et une sensation physique qui est de l'ordre de l'excitation, du trouble ( comme le jus de pomme, dit-elle avec tant de justesse). Une espèce d'invasion d'émotion. Assez étonnant à vivre, et un très précieux indicateur au quotidien.
Bien sûr il y a l'autre extrême où le lien est coupé, où l'on sent cette vitre qui nous sépare et où l'on se heurte.

A contrario la relation "juste à la bonne distance" se manifeste par un grand calme intérieur, un énorme espace silencieux de lien où ça circule avec ampleur, avec douceur, dans la joie, d'où je perçois l'autre au-delà des mots. Des moments où la relation se déploie sans attente, sans projection. Juste quelques instants ponctuels et précieux.

Merci Tanakia pour cette rencontre et ce très beau concept d'amae, être en lien, prendre soin sans besoin de mots.

3 juillet 2011

En liberté

Les enfants au loin pour quelques jours, le travail mis de côté, le rangement avec.
Nous savourons la liberté du temps, de l'espace. Je crois que j'avais oublié, tout simplement, que c'était possible...

2 juillet 2011

Le mort était là, dans cette chambre

"La mort était là, dans cette chambre, et au centre de la mort, ma mère, si vieille alors, si fatiguée. Un dernier effort, et elle avait touché au repos, ce repos dont nous ne savons rien que la frayeur qu'il nous donne, ce repos des mains à jamais vides et du cœur ouvert comme noix sous la dent d'un bête. []Ma mère, c'était le fond de mon coeur _ et voilà que le fond cédait et que mon cœur tombait, sans rien qui le retienne.[]

Christian Bobin