21 octobre 2011

Lire


J'ai écrit il y a quelques jours que les livres n'avaient plus la même importance dans ma vie.

Et hier soir, en rentrant, je tombe sur une page qui parle tellement bien de ce que je suis en train de vivre que je l'ai relue plusieurs fois pendant la soirée. Comme un repère vivant. Un éclairage différent qui m'aide incroyablement. (Trop personnel pour spécifier le contenu ici, et puis ce n'est pas l'objet .)

Les livres m'ont fait ça tant de fois. Je l'avais oublié.
Et pourtant je continue à prêter pour passer ce que j'ai reçu. Comme ici.

19 octobre 2011

le débat

Nous savons d'emblée que la journée sera difficile. Car nous serrons les boulons et en même temps oeuvrons pour que tous aient envie de travailler ensemble, de partager leurs idées et réalisations. Tous, même ceux qui devront changer leurs façons de faire, et montrer au grand jour ce qui est jusqu'à présent escamoté. Donc nous animons à deux voix.
Il a peaufiné chaque détail.  Je viens pour l'aider dans cette négociation. Baptême du feu pour lui, dit-il. De l'expérience pour moi, mais toujours un exercice de haute voltige. De la souplesse et de la fermeté.
Regarder, écouter, vraiment. 
Les yeux, la voix, les gestes. 
Les silences et les conversations parasites.

 Se concerter d'un œil et se passer la balle souplement.

C'est tendu comme prévu. Nous prenons le temps d'écouter, d'entendre, de prendre en considération chaque élément. De sortir du cas exceptionnel pour traiter le général d'abord. En s'appuyant sur les uns et les autres. Sur le sens de notre action, le vrai, par-dessus les chiffres dans les cases. Nous avançons lentement mais nous avançons. Rien de tel qu'un vrai débat.

Quelques calages, puis nous prenons une pause silencieuse de 3 minutes quand tous vont passer leurs coups de fils. Parce que nous sommes vidés, et que la séquence n'est pas finie. 

Puis nous y retournons.

Même le déjeuner commun sera intense. 

En fin de journée, ils demanderont que nous nous voyions plus souvent. Ils offriront spontanément des pratiques. C'est un début, il faudra continuer à garder notre fil rouge, mais nous avons franchi une étape.

Une pause encore. Un verre d'eau. Précieux de pouvoir dire et entendre la fatigue comme la satisfaction. De pouvoir se taire sans besoin de combler le vide.

Puis un débriefing avec nos jeunes qui n'ont pas vu ce qui se passait là. Alors nous expliquons la méthode. Faire converger sans faire perdre la face. Soutenir les évolutions et ceux qui les porteront. Accepter d'avancer en spirale pour que le changement soit pérenne. Faire valider très vite les pratiques co-construites  pour ne pas risquer de revenir en arrière. S'appuyer sur ce pas pour faire bouger d'autres acteurs.


Contrairement au coaching ou à la thérapie, nous voulons quelque chose, et menons la barque. Mais la qualité d'attention, le souci de chaque détail, le soin mis pour que chacun se sente reconnu et compétent, en font une expérience tout à faite particulière. D'une grande intensité car elle est unique, à chaque fois.

16 octobre 2011

la brume

La brume du manque de sommeil, chronique.
L'effort de rester là parce que tout est tellement intéressant, varié, riche.
Parce que tout cela, je l'ai tellement désiré que d'y renoncer un instant serait impossible.
Et pourtant.

Tout ce travail qui porte ses fruits. Matérialiser petit à petit le rêve d'un monde où l'écoute est possible. Où les problèmes sont entendus, où les solutions se construisent ensemble. Utopie. Et pourtant des pas sont réalisés. Ils se voient, ils font envie à d'autres d'y aller aussi. Ça a l'air tellement mégalo, je sais. Et pourtant.

Assister hier à cette séance si intense et respectueuse, les larmes de soulagement, et ce silence, entre elles, et dans la salle. Si beau moment.
Discuter avec S. de la manière dont elle vit  différemment l'expérience du lien avec ses clients en thérapie , et lui faire un retour circonstancié de ce que je vis quand je vais la voir. Déjà tant d'années. Si peu de fois.
La séance de ce matin avec H., long périple vers la libération. Le fil de ma voix, confiante, pour qu'elle puisse trouver comment faire le pas d'après. Sortir de l'enfermement. J'étais épuisée. So grateful too.

Les larmes d'I. hier soir. Dans cette si jolie fête de famille de cœur.  Je m'y étais sentie accueillie dès le premier instant, il y a quatre ans maintenant. Faire partie de cette bande là.

Tous ces sommets. Trop peut-être ces derniers temps. Ivresse du manque d'oxygène. Besoin de redescendre.

14 octobre 2011

Etreinte

Hier matin dans l'entrée. 

Quelques minutes d'étreinte silencieuse avec l'homme que j'aime et que je croise trop peu, emplois du temps de fous oblige. 
Des instants pour nettoyer tous les petits malentendus, les petits ratés de la communication, se reconnecter sur l'essentiel. La présence à nous. Ressourcement.

Le regard malicieux et pétillant de notre petit dernier. Régal.

13 octobre 2011

Paradoxe

En me réjouissant de son bonheur présent, je garde son attention sur le passé.
Couper le fil maintenant.

Arrêt sur image

Il y a ce soulagement énorme sur ma charge de travail, depuis son arrivée. La peur que le trop finisse par avoir des conséquences sur ma santé reflue.
Du coup, je fléchis. Je me vois ces derniers jours tellement en demande vis à vis de mon entourage proche. Si je n'y prends garde, l'agacement ne peut que poindre devant ce comportement immature et insupportable,où je m'auto-critique sans cesse.

Plus qu'une chose à faire : me rouler en boule et pleurer dans mes propres bras. Suffisamment. Puis retrouver le silence et repartir joyeuse, lavée.

11 octobre 2011

Chat sauvage

Quelle stratégie avez-vous nous dit-elle ?
Nous nous regardons, un peu interloqués. Car notre seule stratégie est de poser notre volonté de nouer ce partenariat, et d'ouvrir la porte , largement, en confiance totale sur leur envie de le nouer aussi.
Sa stupéfaction dépasse la nôtre. Deux cultures opposées.
Finalement, la réunion sera aussi constructive, voire plus que ce que nous espérions. Convialité et travail acharné, c'est notre credo.

Mon collègue a du mal avec elle. Je lui explique comment je travaille sur moi, avec ces portraits animaux qui m'aident à voir les relations autrement.
A quel animal te fait-elle penser ? A un chat sauvage. 
Je la vois aussitôt, crachant et sifflant, dos arqué au maximum. Oui c'est bien ça . Une colère extrême, intolérante, une envie extrême de contrôle.
Que faire ? L'apprivoiser? Cela prendra du temps. Peut-être n'est-ce pas vraiment possible...
En attendant, protéger nos yeux de ses griffes.