18 juillet 2011

Le bouleau


"Dès que l'obscurité fut complète, il s'assit derrière la table et commença la lecture. A peine avait-il tourné la première page qu'une multitude de renards et de loups arrivèrent en courant vers lui, dès qu'il eut tourné la deuxième page, une foule de loups-garous se jetèrent sur lui et tous hurlaient, tous le déchiraient de leurs griffes et de leurs défenses au point de faire jaillir le sang de ses multiples blessures. Un autre se serait déjà sauvé mais  cette fois-ci non plus le petit soldat ne céda pas et d'une voix ferme continua de lire jusqu'à ce qu'il eut achevé le livre. Et quand , au lever du soleil, il leva la tête, une jeune fille se dressait devant lui au lieu du bouleau blanc. Elle prit le petit soldat par les mains, l'embrassa sur la bouche et lui dit : merci infiniment. Ta tâche est terminée, à présent. Tu as délivré quatre âmes humaines."
Extrait du conte "Le petit soldat et le bouleau blanc", issu de"Légendes des arbres et des fleurs", éditions Gründ.

En retrouvant ce livre qui a été une des merveilles de mon enfance, je me disais tout à l'heure que parfois, un accompagnement ressemblait à ça : persévérer à travers les horreurs jusque le charme se défasse(deshypnose comme disent certains). 
En fait, je pense que c'est être là, présente, en confiance, pour que la personne persévère jusqu'à ce que le charme se défasse. Cela implique de ne jamais perdre de vue que je ne suis pas le petit soldat du conte, et ne dois jamais revendiquer ce rôle.

16 juillet 2011

Le calme

Dans le train avec ces petits bouts d’hommes si grands déjà. 
Hier encore collés, maintenant presqu’envolés. 
Calmes comme je ne l’imaginais pas possible. 
Tout change.

Le repos enfin.
Le tissu brille particulièrement quand il commence à s’user. Sensation d’ivresse tellement dangereuse où tout s’emballe. Où le sommeil  s’effiloche.

Mais là, le calme. De quoi sentir le sang dans mon corps. Le poids particulier du manque de sommeil autour des yeux. Ce frisson sous-jacent.

En fond sonore, Colin Chloe  et ses sortilèges marins.

Cette douceur que je savoure depuis tant d’années après de celui que j’aime , comme un instant fugace.   
Sa présence quand nous sommes reliés, même au cœur du sommeil. 
Ce fil perdu et retrouvé, devenu fil  de soie. Irisé.

« Mon cœur bat vite,
mon cœur bat vite ,
mon cœur bat vite,
mon cœur bat »
 dit Colin Chloe

15 juillet 2011

Juste par l'oreille

Quand son ami avait évoqué ses questionnements, je lui ai proposé spontanément de nous mettre en lien.
J'étais déjà au téléphone quand il a appelé, j'ai eu le sentiment que nous nous connaissions déjà, mais non. Nous avons repris rendez-vous à un moment plus approprié, dans cet endroit si propice à dénouer et tisser autrement.

Il m'a raconté son parcours. Ce besoin intense de devenir lui-même. Ses dernières expériences et leur fin brusque. La manière déterminée dont il s'attachait à développer son activité en solo à présent.
Je ne voyais pas bien quelle était sa difficulté. 

Donc j'ai raconté mon propre chemin. Là où j'en étais, avec ce qui apparaît ces derniers temps. Comment mes nouvelles compétences se conjuguent aux anciennes, ce dont je ne rêvais même pas. Et ce havre de paix, à côté, ces moments tellement privilégiés où je pose mon propre cadre. Comment je ne me pose plus la question de demain, tant aujourd'hui est plein de sens, et parce que je sais être sur ma route.

Nous avons échangé plus finement sur nos pratiques. Des différences, certes, et en commun cette recherche de liberté pour nous, pour ceux qui font appel à nous. 

Puis nous sommes revenus sur son amertume. Sur le fait que la confusion des cadres ne pouvait se terminer autrement.
Nous nous sommes promis de rester en lien.


Je comprends pourquoi ils sont amis. Tant de finesse, tant de générosité.
Une belle rencontre.

14 juillet 2011

Soulager Atlas

Cela faisait quelques séances que je l'observais. 
La crispation de son visage s'était bien atténuée.
Tant de force mobilisée en permanence dans ses épaules, toutefois.

Hier, nous avons eu l'opportunité d'une séance en solo.
Alors, j'ai pris le parti d'aller un cran plus loin, d'utiliser chaque mouvement pour faire travailler d'autres parties du corps, celles qui se laissent porter d'habitude par ses épaules, et qu'il ne sentait pas.
Nous avons joué avec les images, avec la respiration. 
Il ne pensait pas qu'une séance de yoga pouvait aussi intense avec des mouvements en apparence si simples.

A un moment, la tension de ses épaules a lâché, les pieds ont repris leur rôle de porteurs. L'énergie circulait de manière plus fluide.

En sortant, il était surpris, un peu décontenancé par ces nouvelles sensations.
Lui qui s'attendait à une dernière séance cool ;-)

13 juillet 2011

Retour à la source

J'ai dansé la course pour qu'elle soit joyeuse,
Comme une flamme, je me suis réjouie de chaque souffle d'air, évitant la colère,
Trouvé des moments de calme pour ne pas me consumer en pure perte.

Nourrie aux regards qui brillent et à cette écoute qui met en lien, intensément.

Je veux retrouver maintenant la douceur de l'eau qui coule entre les cailloux, bercée par les scintillements du soleil et le vif argent des truites sauvages.
Je n'aurai pas la nostalgie des flammes brillantes.

10 juillet 2011

Aujourd'hui

Aujourd'hui je me sens comme ça.
Oui, c'est une salade, une rougette exactement.
Une petite salade très vivace, avec un goût assez prononcé, qui craque sous la dent.

Me prendre au sérieux ? Et puis quoi encore !

9 juillet 2011

La faim

Cette plage de temps à moi, cette nuit, comme un cadeau. 
Me recoucher et profiter de ce temps devant moi, sans réveil ni obligation. Juste blottie là. 

Des projets qui s'effacent devant la paresse bienvenue, car la fatigue court encore sous ma peau. 

Et après le grand après-midi de rien, la faim qui vient me titiller. Une faim de patates sautées, croustillantes, peau savoureuse et bien craquante. 

Le menu était tout fait. Je chantais en les préparant la vie revenue.
Je riais en pensant à ma folie, à ce contraste entre ma passion pour ce que je fais et les conventions  habituelles. Je suis si heureuse de me laisser aller à cette folie là, celle d'être vivante, pleinement. Une.