10 mars 2012

Les deux faces

Il y a celle qui sait parfois être présente  à ce qui se tisse dans l'instant, en lâchant une bonne partie de ces images mentales qui s'interposent avec la réalité, cœur ouvert

Et il y a celle qui a encore si peur du vide, celle qui retient ces instants-là, comme si une assurance était possible contre la crainte du manque d'amour. Celle-là est perdue entre hier et demain, dans ses peurs, avec sa culpabilité et ses fantômes. Celle-là frissonne. 

L'accueillir tendrement, prendre soin d'elle, doit être ma priorité.Ne plus jamais croire qu'un autre quel qu'il soit puisse le faire à ma place...Moi seul peut et doit le faire.
Ma semaine seule avait cet objet là : l'approcher, l'apprivoiser, un peu, en lui laissant le temps de respirer, de prendre sa place, parfois, d'oser le chagrin. Un début.
Ce chemin-là sera long. Tendre. Douloureux. Chemin de maturité. Celui qui permet que la joie et la légèreté d'être s'expriment pleinement.

9 mars 2012

Ce qui sonne juste

Ce vendredi comme une belle journée lumineuse : journée de déplacement professionnel passionnante, productive, agréable. 

Comme un point d'orgue de cette semaine de reprise intense, qui me confirme combien j'ai de la chance, celle de pouvoir être pleinement moi-même, celle de pouvoir permettre à d'autres de l'être autour de moi, et ainsi que "ça circule vraiment". Chacun apporte dans ces moments-là avec sincérité et en sortant autant que possible des jeux d'acteurs son expérience, ses idées, ses connaissances, pour faciliter ces avancées réelles que nous appelons de nos vœux.

L'effort est présent, certes, mais respecte ma paix.
Cette liberté d'être est sans prix. 
Les yeux pétillent.
La confiance est là, douce aux cœurs.


L'Amour, c'est ça aussi.
Gratitude.

7 mars 2012

Enigme printannière

Mon merle amoureux s'est interrompu l'autre matin au milieu d'une vocalise. Un chat ?

Ajout : j'entends à nouveau un merle chanteur; le même ?

3 mars 2012

En retrait(e)

7 jours à voir la mer venir et repartir, à observer le jeu des oiseaux dans ce printemps qui pointe, à marcher jusqu'à l'ivresse, à me régaler de toutes les nuances de ce qui peut paraître fade si on n'ouvre pas les yeux. Pas besoin de soleil pour voir la lumière du paysage.

Seule.
En lien.
A prendre soin de la vie en moi.

Moment  inédit.

Qu'en dire...

Exercice nécessaire pour déposer quelques unes des couches de discours qui me séparent de ce que je vis. 
Écouter le chagrin tel qu'il est sans plus le repousser quand il se manifeste.
Écouter la peur quand elle vient.
Écouter ce qui est joie au cœur, au corps.
Observer la trace de mes dépendances.
Accepter mon étrangeté.

Pleurer et sourire.
Tout est ici. Parfait.

18 février 2012

Equilibre vivant

L'équilibre se joue à chaque instant.
C'est ce qui rend la période si intensément vivante.
Si difficile aussi.

Parfois je sens ma force, sur cette base, je suis prête à déployer mes ailes dans l'espace immense.

Parfois je sens combien je pourrais ployer de l'intérieur, et j'ai peur d'aller voir.
Mais bientôt.
Rendez-vous est pris avec moi-même.

Je ne sais quelle forme cela prendra. Surprise.

14 février 2012

Jamais, quoi que je fasse...

A partager avec vous en ce jour de fleuristes et chocolatiers bondés...

"Jamais, quoi que je fasse, je ne serai celui ou celle qui mâche ton pain, boit ton eau, jamais je ne respirerai pour toi. Jamais ta peau ne m'invitera à m'y glisser. Jamais je ne tisserai pour toi les fils de tes rêves ni de tes pensées. Et comme tu étais seul à ta naissance, tu seras seul devant ta mort et seul, mille fois, dans les nuits d'insomnie quand un chien aboie au loin ou quand une voix que tu es seul à entendre t'appelle.
Vouloir me perdre en toi, me jeter en toi, corps et biens, avec tous mes meubles et mes trésors. T'envahir. Te combler. Te faire gardien de mes propriétés . Il n'est pire cruauté.
Car tu as une vocation, unique, une œuvre à mener à bien.
Toi-même.
Et pour cela, il te faut tout l'espace qui est en toi.
Dire : « Aimer c'est délivrer I'autre de mes bonnes intentions - et de moi-même »  paraîtra excessif.
Pourtant c'est en me détachant de toi et en m'ancrant en moi que je commence véritablement d'aimer.
Le cadeau que je peux te faire, c'est de retirer de toi toute la volonté de transformation que j'y ai mise - par zèle ou par ignorance -, la retirer de toi pour la remettre où elle a sa vraie place : en moi.
Ainsi, nous protégerons I 'un et I'autre le secret  lent et silencieux de nos gestations..
Un mot encore.
Garde tes distances sans faiblir. Il n’est que l’Éros qui puisse les abolir - pour les faire renaître tout aussitôt.
Garde tes distances
Non par froideur
Garde-les par ferveur.
Et cela en sachant - ô paradoxe- que l’aimé(e) n’est qu'une autre part de toi-même.
La part qui ne se laisse ni dominer ni annexer, qui jusqu'au bout te tiendra tête. L’énigme qu’est l’Autre recule comme l’horizon à chaque pas que tu fais vers lui.
L'Autre est la frontière que la Vie a dressée devant toi, afin que tu ne sois pas perverti par ta toute-puissance.
Christiane Singer  Eloge du mariage, de l'engagement, et autres folies

Perméable

Nuit blanche. Je viens de comprendre. 

Hier longue discussion avec ma soeur chérie ( et ce n'est pas ironique) qui a réussi en voulant bien faire à me présenter toute la lourdeur de ce qui m'attendait dans la durée.
A l'heure même où je m'attache à être dans le présent pour vivre ce qui est sans a-priori, et faire de cette fin une renaissance, je ne peux pas dire que ça m'ait aidée.

Entachée de tristesse, cette soirée amicale dont je me faisais une fête hier, et où nous avons fini dans l'évocation de ce qui lui avait fait tant de mal et dont il est sorti. J'espère qu'il a mieux dormi que moi. et qu'il ne m'en veut pas.

Et puis cette nuit d'angoisse.

Je suis heureuse d'en avoir identifié l'origine, car je commençais à m'inquiéter d'être dans cet état. 
Mais non, cet état ne m'appartient pas.
Il y a décidément des proches qui ne nous aident pas de leurs bonnes intentions.
Je vais me protéger mieux que ça.

Veiller à ne pas faire à d'autres ce qui me plombe.