J'ai tourné autour ces derniers temps, mais là c'est décidé ( merci à ma vitaraga qui se reconnaîtra).
Je fais une pause de blog.
Pour déraciner une de ces petites habitudes sans importance qui prennent un jour trop de place. Il est si facile de venir ici plutôt que de trouver du temps pour faire le calme, pour être dans ma vie.
Je ne sais combien de temps ça va durer. C'est une expérience. Comme un départ pour un voyage intérieur un peu différent. Essai de recentrage sur l'essentiel.
Il en ira donc probablement aussi de mes lectures et de mes commentaires chez vous.
A bientôt peut-être dans "la vraie vie" (Pour commencer ou poursuivre des échanges, mon adresse est paradoxia75 "arobas" gmail.com )
Prenez soin de la vie en vous.
28 août 2011
27 août 2011
Marcher avec
J'ai eu deux fois cette semaine l'occasion de faire découvrir Paris à des amis de passage. Pas de musée ni de lieu à la mode. Un Paris vécu, vivant.
Une bonne paire de chaussures, un lieu de rendez-vous, choisi par le visiteur entre plusieurs propositions, quelques instants pour évoquer une piste et hop, c'est parti.
Marcher, ouvrir les yeux, suivre l'intuition du moment. A l'affut des détails. Prête à adapter le rythme, la destination, les étapes.
Partager tout ce que la marche suscite. De léger, de drôle, de souvenirs, et d'émotions.
Noter les surprises pour aller farfouiller après, en savoir plus.
Mardi il faisait doux dans le soir d'été. Une marche dynamique dans un Paris presque déserté, au rythme des souvenirs égrainés de ces lieux et d'autres. La Chine, l'Observatoire, le Val de Grâce, le Paris de Sartre et de Beauvoir, des peintres de Montparnasse.
Aujourd'hui une marche plus lente, rythmée par la course sous les averses rieuses, et de toutes petites escales curieuses. Le Laos, les grafs, le passage du pont aux Biches (n'est pas charmant ?), l'Inde, le canal d'un vert vif sous les trombes d'eau, le chlok chlok des chaussures trempées, le shopping impromptu, Paris scintillant depuis le parc de Belleville.
Bonne fatigue, et cœur en fête. Prête pour la prochaine vadrouille. Samedi ?
26 août 2011
Début
Début d'amitié.
L'émotion comme indice de ce qui se passe ici, maintenant.
Ce qui est touché, et qui vibre dans les tripes. La chaude profondeur de la contrebasse.
Intensité et lenteur de l'instant partagé qui se grave.
Souffle retenu devant ce paquet qui s'ouvre sur des surprises inconnues.
Souffle coupé devant tant de beauté.
Les joues qui chauffent. Les regards qui pétillent.
Les mots et sujets qui se bousculent. Parfois le silence.
Ces instants, d'autres instants, qui viennent se tisser au long écheveau de soie et de lin. Ajouter leur couleur, leurs points particuliers.
Parfois la peur du trop, de la confusion, de l'attachement. D'une fin.
Laisser le soleil, le vent, la pluie jouer leurs tours et détours.
Les couleurs passeront peut-être, certains brins s'effilocheront, certainement.
Et puis, la vie est si courte.
Seuls les instants partagés sont éternels.
25 août 2011
Prendre soin de ma vie ?
Prends soin de ta vie murmurait la petite voix.
Oui, mais comment? Ce chemin-là s'était perdu sous les herbes folles, fleuries certes. Depuis quand, je ne sais même plus.
Il faut parfois la morsure de l'angoisse pour bouger. La solitude pour décanter. L’œuvre du corps pour oser aller de l'avant.
J'ai quelques réponses qui n'ont pas lieu d'être décrites ici.
Ce que je pressens, c'est que cela sera long, difficile, exigeant.
Que je ne sais où je vais de ce pas-là, qui n'est plus un pas pressé, mais attentif.
Qu'il faudra veiller pour ne pas retomber dans le piège de mes enthousiasmes, ne pas maquiller ce qui fait mal sous le plaisir de trouver des solutions à des problèmes impossibles, parfois même contre le reste du monde, souvent à mon détriment.
Il est passé, le temps des pirouettes qui remettent à demain les choix vrais.
Ce soir je ne vois que l'effort à faire. Je sais qu'il en va de la vie en moi.
Mais j'ai retrouvé le son de la confiance.
22 août 2011
Nager sous la pluie
Jour de renaissance après l'épisode d'angoisse d'hier.
Ce matin, une incursion vivifiante dans cette merveille de jardin partagé. Ça y est, je saute le pas. J'aurai bientôt ma clé pour aller m'y ressourcer chaque fois que je le voudrai :-) C'est là que vit ce magnifique nénuphar.
Puis la piscine, en solo.
La piscine, je détestais ça ado. Sensation d'étouffement. Le bruit assourdissant, cette odeur de chlore. Le maillot mouillé et glacé sur ce corps que je n'aimais pas. L'eau morte.
Bien plus tard, de nuit, sous les étoiles, j'ai trouvé le plaisir de glisser dans l'eau, dans la clameur assourdissante des crapauds amoureux. j'en ai sauvé plus d'un d'une noyade assurée. Drôle de sensation visqueuse.
Ce matin, pas de crapauds ;-) J'ai essayé d'être attentive. Doser l'effort. Trop peu, je ne me sens pas vivante, et si ma tête décide pour mes jambes, la crampe immédiate. Expérience intéressante dans le cadre de mon engagement du moment.
A. était là, ce matin. Il adorait aller nager, c'était sa méditation à lui, son exercice zen, disait-il.
Le clou, l'averse brusque alors que j'étais dans l'eau. J'adore ça, quand il fait tiède bien sûr.
Je me souviens d'une fois en Guadeloupe. Ces impacts énormes, des cratères sur le sable brun de la plage. Et nous, hilares, sous les trombes.
Doucement, je reprends pied dans ma vie.
Sensation d'être un hibiscus en train de déployer ses pétales. Intensité et fragilité de l'instant.
Sensation d'être un hibiscus en train de déployer ses pétales. Intensité et fragilité de l'instant.
21 août 2011
Retournement
Il l’éteint, l’obscurité est profonde ; et, tout à coup, passent au milieu de l’air, d’abord une flaque d’eau, ensuite une prostituée, le coin d’un temple, une figure de soldat, un char avec deux chevaux blancs, qui se cabrent.
La tentation de St Antoine, par Félicien Rops
Ces images arrivent brusquement, par secousses, se détachant sur la nuit comme des peintures d’écarlate sur de l’ébène.
Leur mouvement s’accélère. Elles défilent d’une façon vertigineuse. D’autres fois, elles s’arrêtent et pâlissent par degrés, se fondent ; ou bien, elles s’envolent, et immédiatement d’autres arrivent.
Antoine ferme ses paupières.
Elles se multiplient, l’entourent, l’assiègent. Une épouvante indicible l’envahit ; et il ne sent plus rien qu’une contraction brûlante à l’épigastre.
Malgré le vacarme de sa tête, il perçoit un silence énorme qui le sépare du monde. Il tâche de parler ; impossible ! C’est comme si le lien général de son être se dissolvait ; et, ne résistant plus, Antoine tombe sur la natte.
extrait de la Tentation de St Antoine de Gustave Flaubert, disponible ici.
Quelques heures exceptionnelles de solitude, et l'angoisse terrible hier soir. Il m'aurait fallu une poignée de cailloux brillants pour que ma vie ait un sens ?!?
J'en ris ce matin.
Car je comprends dans mes tripes ce qu'est la tentation. C'est le fait de vouloir dans cette vie vivre l'entièreté de l'expérience possible comme condition du bonheur. Alors que c'est totalement l'inverse.
La quête éternelle et sans fin de plus, et d'autre chose, est un leurre*.
Le cadeau transmis par l'homme au bois dormant m'attendait de l'autre côté de la nuit.
« Tu ne goûteras qu’à une part minuscule de cette vie et en échange tu la percevras toute. »
Bobin, bien sûr.
*Dans les yoga sutra de Patanjali, une des sources de la souffrance est raga , l'attachement à ce qu'on a gouté, qui nous a donné du plaisir une fois, et qu'on veut à nouveau, sans cesse, toujours plus.
20 août 2011
Grand beau
Oui la tempête a fait effet. J'ai passé une très belle journée hier . Je vois à nouveau ce qui me nourrit, pas que mes obstacles intérieurs (ou extérieurs).
Tous les jours un de ces moments où l'on partage notre vision et où ça fait avancer les deux ( ou plus), modifie notre manière d'agir, ou nos outils, les rend plus justes, affutés, simples. Ma petite tribu de cœur. Celle qui me donne la force de continuer à avancer quand je ne vois plus de chemin. Une bande d'extra-terrestres ou de farfadets, discrets et déterminés.
Et puis j'ai vu aussi l'effet autour de ma confiance en la vie quand elle s'affirme et pousse les murs.
Tellement de chemin encore à parcourir pour être légère, me débarrasser de ce qui m'écrase, la laisser prendre toute la place. Il n'y a pas d'autre trésor à chercher.
Toujours dans le domaine professionnel, la question plus forte encore en ces temps d'été du rester ou partir, du bon moment pour le faire, des conséquences.
J'affirme un choix ces derniers jours que je n'ai pas encore vraiment fait.
A décanter pour évacuer les traces d'amertume et voir ce qui reste, s'il y a bien un élan, un vrai. Ne pas lâcher la proie pour l'ombre.
Et puis des moments d'une simplicité absolue avec celui que j'aime, qui m'aime.
Garder cela quand la frénésie reprendra, pour ne pas m'y perdre ...
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