19 juillet 2012

D'un espace l'autre

Quelques semaines de pause depuis le dernier billet. 
De quoi constater que cet espace-là se clôture de lui-même, comme deux autres avant lui. 

Un blog "intime" n'est pas rien. Celui-là aussi m'a aidé à poser mes petits cailloux blancs, laisser se décanter ce qui devait l'être, mettre en lumière ce qui était vivant, et ce qui ne l'était plus, laisser se faire cette nouvelle mue.
Un peu plus de deux ans, pour croire encore à ce couple puis ne plus y croire, et surtout ralentir la fuite en avant pour être plus présente "dans le réel".

Vous n'êtes pas rien pour moi. Partager, échanger, n'est pas anodin et m'est tout aussi essentiel que la solitude. Certains d'entre vous font à présent partie de mon cercle "de coeur", que nous nous soyons rencontrés en vrai ou pas, car dans les interstices des mots transparait notre être. Merci pour ces rencontres.

L'aventure se poursuit ailleurs, sur une autre tonalité, support de cette période de transition aux saveurs mêlées. Il est facile de retrouver ma trace, ou de demander l'adresse, si le cœur vous en dit bien sûr. Vous y serez les bienvenu(e)s.

Bel été à vous.

Lise

27 juin 2012

Regard

Ici, j'écris toujours la même chose, ces derniers temps. Tout cela n'a guère de sens...
Ce qui se passe est ailleurs.
Je vais faire une pause, probablement.
a bientôt
Bises amicales

26 juin 2012

Responsabilité versus contrôle

Quand la vie remue aussi fort, il est bien vain de chercher à la contrôler.
(le reste du temps aussi, mais peut-être peut-on en poursuivre l'illusion...)

Par contre, la responsabilité de chaque instant reste entière. Une posture faite d'humilité et d'action. Faire de mon mieux, être présente, en légèreté, à ce qui se présente, ne pas hypothéquer demain de mes peurs d'aujourd'hui.


24 juin 2012

Rencontres

La rencontre se manifeste, et c'est comme un espace libre qui s'ouvre entre deux cœurs, et qui relie, après, même dans le silence, même à distance. 
Des mots, des regards, un sourire, une qualité de présence. Pas besoin de grand chose, tout est là.

Hier, journée de retrouvailles, dans trois cadres distincts. 
Retrouver ces espaces où tant de choses ont d'ores et déjà circulé, sans qu'ils soient pour autant encombrés.
En voir d'autres s'ouvrir, petits miracles improbables.

Effet d'intense bouffée d'air pur.

17 juin 2012

La vie, là


Tout va très vite en ce moment. 
Tant d’évènements majeurs. Tant de changements marquants. 
De quoi me sentir déboussolée par instants.

Et en même temps, il n’y a qu’à vivre. Ce n’est finalement pas tellement plus compliqué que le reste du temps. 
Parce qu’il n’y a pas grand-chose à contrôler, et là, c’est tellement manifeste que ça aide vraiment. 
A faire, oui, mais je me suis toujours trouvée de quoi faire même quand rien ne m’y obligeait, alors j’ai l’habitude ;-)

Il n’y a qu’à être, à être là, à éviter d’alimenter les pensées inutiles et de compliquer ce qui est. 
Je m’y emploie, parfois sereinement, parfois moins. Mais il n’y a pas d’enjeu de perfection, alors, là encore, ça se fait.

Parfois, je dors, et je profite avec bonheur de l’énergie revenue. 
Parfois, je dors peu, et j’ai moins d’énergie, mais j’essaie tout de même de rester dans ce bonheur de vivre qui n’est pas tant que ça lié aux circonstances.

Être simple, faire simple. 
Donner ce que j’ai à donner.  Recevoir ce qui m’est donné. 
Rien à chercher ailleurs.

6 juin 2012

Improbable

Mon futur lieu de travail expérimente la tonte écologique.
Je vous assure que les bêlements, ça change l'ambiance des réunions.
J'adore :-)

3 juin 2012

L'humilité

La proximité de la mort est comme une intense lumière, crue ou très douce suivant les moments.
Je suis un peu aveuglée encore. Pas facile de concilier ça avec cette vie très active qui est la mienne aujourd'hui.

Bon.

Je savoure avec un grand bonheur ce coeur écarquillé qui rend les relations tellement plus intenses. 
Je sais aussi ma fatigue, proche de l'épuisement.
Je vis des périodes de repli complet. La nuit, quand je ne dors pas. Le week-end parfois. Des larmes, mais pas souvent. Plutôt une apathie. Qui me permet de récupérer physiquement. Mais d'une tonalité qui pourrait m'inquiéter si cela durait. Pour l'instant, cela ne dure pas.

Les vagues d'émotions de ces deuils. 
La joie de la vie plus libre. 
L'apprentissage progressif de la solitude.
La responsabilité de chaque acte.

Tout cela se mélange. 
Printemps étonnant où l'humilité est le seul maître mot. Aucune illusion de contrôle n'est possible, et c'est un sacré apprentissage...


28 mai 2012

La honte


Sophie Quérin, Fleurs étiolées
Une fleur d'encre noire
pourrissait dans mon cœur.
Je l'ai extraite aujourd'hui.
Sortilège fini.

La honte du désamour,
bue jusqu'à la lie,
n'a plus qu'à s'échapper vite, vite,
loin de mon courroux.

Je veux à nouveau, tête haute,
sourire de ma vie.

27 mai 2012

Revenir

Revenir du pays d'enfance, retrouver ma maison, mes enfants, ce foyer coupé en deux, espoirs brisés.

Sous le soleil radieux du quartier, faire les courses et croiser d'un coup toutes les copines que je n'ai pas vues depuis 6 mois. 
Prendre et donner des nouvelles, nos tristesses : morts, ruptures, harcèlements pro.  Les larmes montent aux yeux parfois. 
Que faire sinon partager, le coeur le plus ouvert possible ? Profiter des joies.

Lire, faire une sieste.

Fêter les 11 ans de R, presque comme avant, moments d'exaspération inclus. 
De la joie, et en fond ce déchirement. Probablement encore six mois de cohabitation. 
C'est long.

Une fois la journée terminée, la cuisine rangée, prendre le temps de me regarder, telle que je suis.

Dormir enfin, une vraie nuit.

19 mai 2012

Maman

Dans cette chambre, dans ce lit,
ne restait, la tempête passée,
que son souffle .

Dernière amarre,
solide et fragile à la fois,
toutes les autres s'étant petit à petit délitées.

Son dernier soupir,
si doux,
caresse d'Amour,
pour la délier.


La mort nous a rendu ta présence entière,  maman,
sans la maladie,
sans la peur,
sans la colère.


Je ne peux que remercier,
infiniment,
de ce que nous avons vécu,
toutes quatre ensemble,
et qui nous porte maintenant.


"On m'a tranché le cœur pour y verser un vin miraculeux."
Christian Bobin,  Carnet de soleil

11 mai 2012

Ouvrir l'enclos

Je m'étais réjouie en apprenant sa nomination.
J'avais frémis un instant lors de notre premier entretien, comme un frisson du cheval sauvage en moi.
Depuis je collaborais en lui proposant d'allier nos complémentarités...mais c'était devenu pénible ces dernières semaines : ses décisions hâtives, ses postures brusques, toujours plus de commandes urgentes, jamais un merci, toujours plus de contrôle, et de l'agacement réciproque. 
Au point d'être en colère devant l'écart criant entre les mots et les actes.
Au point de me dire que ça devenait dangereux pour moi dans la période déjà tellement bousculée que je traverse.

La semaine dernière j'ai commencé à désespérer.
Mardi dernierj'ai parlé de mes difficultés dans une discussion amicale et eu des infos sur les profils recherchés.
Deux jours plus tard, je disais avec aplomb mon intérêt pour une des missions proposées à celui qui voulait me voir pour autre chose.
Vendredi dernier j'ai demandé conseil sur l'attitude appropriée pour partir plus tôt que prévu dans de bonnes conditions.
Lundi, j'ai vu mon patron à l'aube.
Hier, j'ai eu l'autorisation de faire acte de candidature. Je l'ai même senti soulagé, celui avec qui cela ne colle pas vraiment. Même s'il craint de ne pas retrouver assez vite.
Aujourd'hui, j'ai eu une belle proposition inattendue, à l'issue d'une discussion d'une grande liberté de ton sur un dossier difficile que je porte avec bonheur pour cette personne. Rien n'est fait, mais je respire de retrouver un regard bienveillant sur mes pratiques, des valeurs partagées. Il y a des endroits où être la personne que je suis, travailler comme je travaille, est acceptable voire recherché. Soulagement.

Je tiens au courant mes plus proches collaborateurs, ceux que j'ai choisis, et avec qui je partage au quotidien,  avec joie, convictions, innovations, regard sur le travail, exigence sur notre posture d'intervenants. Ce sera déchirant de les quitter, mais il me faut m'occuper de moi, aussi. Couler serait bien pire. Choix de maturité.
Je sais que nous resterons en lien. Ils savent pouvoir compter sur moi, à vie.

2012 est une année de changements, décidément.


Et ce soir, à nouveau l'incertitude sur l'issue de la bataille que ma mère mène contre son cancer.
Demain, je pars la voir. 
Sans savoir si...

8 mai 2012

Au bout de l'expir

Passage rude, naissance à l'horizon, l'année déroule ces changements qui indépendamment ne sont pas rien, et qui, tous ensemble, sont comme une tempête. 

J'utilise les jours de pause généreux du mois de mai pour reprendre mon souffle. 
Mais d'abord pour lâcher jusqu'au bout. Écrire les images qui viennent pour "remettre en circulation" ce qui stagnerait sinon, dormir, ne rien faire à part faire manger les enfants, essayer d'être en lien avec ce que je vis, avec ceux que j'aime, pleurer et rire avec ces vrai(e)s ami(e)s à qui j'ose enfin dire mes peines jusqu'au bout, prendre soin de ce corps qui est ma seule demeure. 
Je lâche mes masques de femme exclusivement forte et je sens le bienfait qu'il y a à oser être moi, découvrir mes ombres, trouver ce soutien que je n'osais pas demander jusque là et que j'obtiens à foison..

J'en ressors avec un brin d'énergie fraîche et d'espoir au cœur.

7 mai 2012

Soulagement

L'Ombre recule...Ouf.

2 mai 2012

Vivre ou survivre ?

Survivre...ai-je écrit récemment. C'est sans doute excessif.

Il y a certes des moments d'angoisse intense, où je suis emportée dans le tourbillon de mes "citta vritti" (perturbations du mental). 
Des bouffées de peur, de chagrin, de tristesse m'oppressent. 
Le doute me harcèle comme un essaim d'abeilles .
J'essaie de ne pas fuir ces états, tout en prenant soin de moi autant que possible, car c'est épuisant. Ce n'est pas rien toutes ces "protections" qui sautent d'un coup, toutes ces habitudes de vie et de pensée. Tant d'ombres viennent d'un coup à la lumière, comme affolées.
Je pourrais croire que je vais m'y perdre si je n'avais pas touché certains instants de ce bonheur qui ne dépend de rien sinon d'être vraiment là, vivante. 
A contrario, je pourrais croire aussi pouvoir en profiter pour faire "un grand ménage", mais la modestie s'impose. Persévérer dans cette voie de discernement, c'est aussi accepter ces colmatages à la peur du vide, et autant que possible les voir pour ce qu'ils sont.

Je ne veux pas me blinder. C'est si doux de vivre le cœur ouvert. 
Une belle occasion d'accepter mes limites d'humaine.

 
Ce matin, quelques éclats de bonheur pu
la bouille un peu chiffonnée des enfants au réveil, chacun tellement unique
le ciel changeant, du bleu au blanc en passant par le gris
le parfum du brin de muguet, incroyable cadeau annuel
les visages et les corps, plus en vie, de mes "élèves"
la voix de Nougaro
ce petit moment de paix.

29 avril 2012

Repères

Le vent dehors, qui tourbillonne depuis plusieurs jours.

La tempête, à l'intérieur.
La vie secoue bien fort. Tous ces deuils sur tant de plans.

Tant de minuscules et gigantesques écroulements qu'il n'y a plus de certitude possible.

Difficulté extrême de trouver  l’œil du cyclone.
Cadeau de savoir que c'est la seule base stable d'un être humain et de n'avoir d'autre choix que de la trouver, coûte que coûte...

Utiliser ce que je ressens dans la relation.
Discerner ce qui m'appartient, le distinguer de ce qui appartient à l'autre.
Sortir autant que possible de mes blessures et de mes illusions.
Ne pas me claquemurer dans ma peine, si m'étourdir dans ce qui ne serait rien.

Survivre,
traverser l'orage,
l'accepter autant qu'il est possible,
choisir la manière de vivre ce qui me touche.

Etre un peu douce pour moi.
Accepter mes erreurs et mes faiblesses. 
Les aimer.

22 avril 2012

Les mots ici

Les mots ici se font rares. Ce n'est pas qu'ils seraient de trop. C'est juste le silence qui doit primer.

Je ne sais répondre à vos commentaires qui pourtant me touchent beaucoup.
Votre présence est précieuse, et pas si virtuelle.
Alors, merci.

17 avril 2012

La vérité du corps

La vérité du corps, c'est ce poids que je traine depuis la nouvelle, cette lenteur un peu hébétée.
Je ne suis pas tout à fait là, dans la course habituelle, je suis aussi dans cette chambre blanche, avec cette femme qui lutte, avec ou contre son corps.

La vérité du corps, c'est ce rire comme une éclaircie rare, car les larmes pointent derrière.
Ces larmes qui coulent sous la protection d'un sourire ami.
Ces sanglots qui secouent fort dès le téléphone posé. 

Cette dureté extrême du deuil à préparer maintenant pour l'accompagner en douceur, en joie, quand il sera temps. Violence de ce qui est et n'est pas à la fois.

J'ai retrouvé ce matin timidement le chemin du tapis. Vérité du corps. Là. Maintenant.

13 avril 2012

L'enfer est pavé etc etc

Oui, l'enfer est pavé de bonnes intentions.

La coupe est trop pleine ces derniers jours pour ne pas déborder. Et là, je constate à la fois la bonne volonté de la plupart des gens qui m'entourent, et la maladresse de certains. J'ai la chance toutefois d'être bien entourée dans la "vraie vie " aussi par quelques très proches dont l'écoute et les paroles sont d'une justesse qui fait chaud au coeur. 

De quoi me donner quelques leçons sur ce qui passe et ne passe pas en accompagnement.

- Ceux qui plaquent leur vécu sur moi et sont forcément décalés ( et oui, c'est tellement personnel)
- Ceux qui m'expliquent toutes les leçons que je dois tirer de ces épreuves ( alors même que je suis en train de me relever du premier choc : ok mais chaque chose en son temps !)
- Ceux qui viennent avec un air de chien battu pour se repaître de ce qui fait mal, avec le même air gourmand avec lequel ils dégustent les faits divers
- Ceux qui me plaignent avec beaucoup de sincérité et me rajoutent une louche de travail toutes les 4 minutes en moyenne ( doucement, il faut que je tienne le choc !)

Ne croyez pas que je leur en veuille, c'est tellement humain. 
Mais je bénis cette capacité à me protéger des intrusions dont j'ai hérité, tout en savourant de pouvoir me lâcher, enfin, et accepter l'aide qui m'est abondamment donnée.




Le casse-briques

L'autre matin, après une nuit perturbée, j'ai eu l'image d'un de ces jeux de casse-briques où le premier coup fait changer de couleur, le deuxième fragilise, et le troisième détruit. 

Mais je ne suis pas une brique.

Nulle autre piste que de vivre ce qui se présente, avec l'attention au corps, à ce qui est humble et subtil. 
Le reste n'existe pas.

ps : merci pour vos mots, et vos intentions, qui me touchent beaucoup.