31 octobre 2010

Tangram


La posture, pour moi, se présente en premier lieu comme un casse-tête chinois de mon enfance, le tangram.

Quelques pièces lisses et noires, chacune de forme différente, qui permettent à construire une foultitude de figures différentes. Rien que de très facile en apparence, très difficile en pratique.


Donc, la posture, c’est d’abord une recherche. Celle de la détermination à approcher de la forme, avec mon corps tel qu’il est aujourd’hui. Conscience de chaque partie déjà connue, essai de précision. Sortir du connu pour trouver une autre manière d’assembler l’ensemble. J’ai parfois l’impression que la mise en place d’un élément ébranle tout le reste, le « met en danger ».


Et puis il y a un moment où il faut lâcher le combat de la recherche de perfection pour écouter ce qui se passe, en souriant. Écouter là où ça passe, et là où ça ne passe pas. Ajuster à partir de ce qu’on ressent, et qui sera propre au moment, pour trouver du confort.


Puis accepter à un moment de lâcher la machine à comparer, pour juste ressentir. C’est alors que, parfois, au détour de la posture, naît parfois une nouvelle sensation, un morceau du corps qui se révèle, devient sensible, plus vivant.

Quelque chose d’inconnu, de neuf, de beau et de dérangeant à la fois.

Et ça tombe bien, des postures, il y en a des milliers ;-)


30 octobre 2010

Jeu de courbes

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Méharées




Au creux de l'immensité,
jeux de reflets,
jeux de miroirs,
chaque pas teste la confiance,
en soi, en l'autre, au Tout.

Les chemins se reconfigurent sans cesse
dans l'immuable,
Ciel, sable, et eau,
confondus, reliés.

Et eux, petits êtres perdus,
trouvés.

23 octobre 2010

Nuit en travail

J'étais rentrée bouleversée, cherchant un appui dans les regards autour.
Mais il n'y avait que la panique, sans fond, et comme un trop-plein.

Je ne pouvais pas parler. Larmes trop proches, gorge serrée.

J'ai préparé à manger à ma horde affamée, et les ai laissés car je ne pouvais rien avaler, rien partager pour rejoindre ma couette avec un roman facile.

Un rêve comme un voyage. Un de ceux qui laissent un sillage marquant, tout en échappant totalement au souvenir.

La signification de la panique se dessine. Après la première phase de mon projet, celle de la découverte, de l'enthousiasme, celle de la petite fille bondissante, j'aborde un autre rivage. Un rivage concret, d'énergie douce et durable. Je n'y ai sans doute jamais encore mis les pieds.

C'est cela qui me fait peur, et crée cette tension qui raccourcit mes nuits sans me priver toutefois d'énergie.

Arrive l'image d'une fusée. Le premier étage l'a arraché à l'attraction terrestre. Il se détache à présent, et c'est le deuxième étage qui doit prendre le relais.
Un deuxième étage qui forcément fonctionne différemment du premier.

Il y aura un troisième étage, un jour, et cela sera encore différent.

Normal de ne pas me sentir à l'aise immédiatement devant tant de nouveautés.
Normal de ne pas y être comme un poisson dans l'eau.

L'angoisse s'aménage, et lâche.
Finalement, il n'y a aura pas besoin de profiter du groupe pour y travailler aujourd'hui.
4h, je peux me rendormir.

17 octobre 2010

Dans les creux du temps

En écho à l'homme au bois dormant,

Il y a 12 ans, j'étais noyée, et pourtant je n'avais qu'un enfant, et un travail, plus de hobby.

Ma vie d'aujourd'hui s'est tellement enrichie que je ne saurais faire la liste exhaustive de toutes le nuances qu'abritent mes journées sans m'affoler moi-même. Mais je crois que ce sont ces nuances qui font que je ne me noie pas, ou alors pas trop longtemps. Je ne désespère plus de gouter la vie, tant certains instants m'offrent de me sentir intensément en vie. Même brefs, ces moments m'offrent tant parce que justement, la sensation de temps s'y ralentit au point que chaque seconde a plus d'importance que certaines journées.
Quelques nuances de ce bel arc en ciel :
Regarder en famille un film en les tenant tout contre moi. M. est blotti, R me donne sa main. A est tout collé aussi sous ses airs d'ado blasé.
Conversation téléphonique avec C. ; son intense présence, sagesse et vivacité.
Conversation thérapeutique avec H et N cette semaine : notre émerveillement devant ces paysages intérieurs dévoilés de leurs brumes.
Séance matinale en solo : retrouver la vague à chaque expir, la sensation de confiance dans la nuque
La douceur immense du corps de mon amoureux contre le mien, endormi.

15 octobre 2010

Architecture

D'un côté : élaborer, dessiner, peaufiner, discuter, ne pas desespérer devant les mille et une versions.
De l'autre : construire, expliquer, faire circuler, recevoir et donner.

Entre ces deux pôles, trouver une relation, un rythme, une respiration, ponctués de rires et de plages de repos.
Le risque de dispersion est encore bien grand, même s'il s'éloigne tout de même.

Cela dessine un nouveau mouvement, une nouvelle vie.
Prendre soin de m'y trouver.

10 octobre 2010

Dérangeant ?

Une autre vision des métiers , à lire et à méditer...

Week-end paisible

Que dire du week-end, sinon qu'il fut comme une belle plage lisse, toujours changeante, paisible.

Des moment très actifs, mais sans urgence particulière, pour œuvrer au quotidien de notre famille ;
des moments intenses, qui m'ont laissée pleine de gratitude, d'avoir trouvé ce qui me porte ;
des moments légers avec mes enfants, à faire confiance à la vie en eux,
du temps pour ne rien faire, pour dormir, pour discuter,
le temps de lire un grand livre, le dernier roman de Barbara Kingsolver " un autre monde".

Après cette parenthèse de ressourcement, je m'apprête à retrouver les rythmes saccadés habituels. J'espère les danser plus légèrement, habitée par ces moments de vie.

4 octobre 2010

Résurgence (3)

Je l'ai sentie dans mon corps.
En dessous de la nuque.
Un sensation très spéciale, celle d'une force qui joue tout au long de la colonne.

Depuis j'ai l'image de l'oie sauvage de Nils Holgersson, celle qui est capable de voler des centaines de kilomètres par-dessus les nuages, et d'accomplir le périple qu'elle doit parcourir.

Depuis, je me suis vue faire des choses inconnues, improbables, comme si c'était facile.

J'espère ne pas oublier la sensation.
Sur mon tapis, le matin, je la cherche. Dans la journée aussi, dès que le doute m'effleure.

C'est si bon, la confiance.

Trouver la vague

La vie me porte vraiment à des choses improbables.
Ce matin, j'ai trouvé la vague , celle qui masse de l'intérieur. Juste avec la respiration et l'attention
Hum, trop bon, et si fort.
Comme à l'océan cet été.